Sur la toile d’Eco-Bretons, des transitions citoyennes retissent nos liens avec le vivant
Crédit photo : @Véronique Javoise
Une fois n’est pas coutume, nous allons vous parler de nous, l’association Eco-Bretons, qui occupe depuis dix ans dĂ©jĂ une modeste place sur la toile dense de l’univers numĂ©rique informatif, au creux de la niche Ă©cologique de la presse « pas pareille ». Aux cĂ´tĂ©s de notre journaliste et coordinatrice, Marie-Emmanuelle Grignon, dont la signature de la plupart des articles vous est familière, une petite Ă©quipe bĂ©nĂ©vole est lĂ pour faire vivre notre webmĂ©dia dans sa dimension associative. Certain.e.s de ses membres n’hĂ©sitant pas Ă prendre leur plume citoyenne, parmi d’autres, qui font d’Eco-Bretons un oiseau rĂ©solument de bon augure en ces temps incertains. Cet article est issu du rapport moral que j’ai prĂ©sentĂ©, en tant qu’actuelle prĂ©sidente Ă notre dernière assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale pour l’annĂ©e 2020, qui s’est tenue en juin 2021 seulement, du fait des bouleversements engendrĂ©s par le virus Covid-19.
Une insoutenable solastalgie…
Il n’aura Ă©chappĂ© Ă personne que cette annĂ©e 2020 a constituĂ© Ă l’Ă©chelle planĂ©taire, un point de bascule oĂą, selon le cĂ´tĂ© vers lequel nous accentuons le penchant, notre destin commun pourra ĂŞtre tragique ou rĂ©silient. Notre conscience que l’humanitĂ© est sur le fil du rasoir n’a jamais Ă©tĂ© aussi aigĂĽe, engendrant parfois/souvent (grande est la variabilitĂ© du curseur en la matière !) une insoutenable solastalgie – ou Ă©co-anxiĂ©tĂ©, dĂ©crite comme « une dĂ©tresse profonde causĂ©e par les changements perçus comme irrĂ©versibles de notre environnement… En quelque sorte, on peut dire que la solastalgie est un stress prĂ©-traumatique. Cette sensation accablante pousse Ă divers symptĂ´mes : tristesse, anxiĂ©tĂ©, insomnie, anorexie, dĂ©pression. »
Ce ne sont pourtant pas les alertes qui ont manquĂ© depuis ces dernières dĂ©cennies oĂą nombre de constats dramatiques ont Ă©tĂ© posĂ©s, documentĂ©s, contestĂ©s aussi par des sceptiques aux douteux desseins. Et de s’interroger, non plus sur les effets de ce flux incessant d’informations terribles, gĂ©nĂ©rĂ© par nombre de mĂ©dias et dĂ©sormais de rĂ©seaux sociaux, mais sur leur efficacitĂ©… « On ne croit pas ce qu’on sait », rappelle lucidement le philosophe Jean-Pierre Dupuy, auteur de « Pour un catastrophisme Ă©clairĂ© ».
A sa très modeste Ă©chelle, Eco-Bretons a jusqu’Ă prĂ©sent choisi d’informer sur nombre d’actions citoyennes « colibris » qui font leur part dans les vitales transitions en cours. Nous mettons ainsi en avant des actrices et acteurs de transitions Ă©cologiques nĂ©cessitant Ă©videmment des transitions sociales, culturelles et solidaires, dans nos territoires de Bretagne. L’Ă©cologie positive ! C’est notre ligne Ă©ditoriale que d’aucun.e.s peuvent considĂ©rer, au mieux comme incitative et porteuse d’exemplaritĂ©, au pire comme gentillette et cosmĂ©tique.
Mais Ă chacun.e son « angle d’attaque ». Les mĂ©dias d’investigation tel que le tout dernier-nĂ© Splann ! LancĂ© en septembre 2020 – associatif lui aussi – sont et restent indispensables pour documenter lucidement et courageusement les exactions humaines multiples. Le prix de leur indĂ©pendance, vital, requiert de larges et rĂ©gulières contributions citoyennes.
Un webmédia de participation citoyenne
Il en va de mĂŞme pour Eco-Bretons dont le modèle Ă©conomique, fragile s’il en est, reste un dĂ©fi, puisque nos informations mises en ligne sont toujours accessibles gratuitement, alimentĂ©es par Marie-Emmanuelle Grignon, journaliste-salariĂ©e, et par des plumes citoyennes bĂ©nĂ©voles. Nous avons d’ailleurs la satisfaction d’être rĂ©pertoriĂ©s par un autre mĂ©dia associatif indĂ©pendant, L’Age de Faire, dans sa carte de France de « La presse pas pareille ».
Parallèlement, nous menons des actions d’Ă©ducation populaire avec une formation aux mĂ©dias citoyens – interventions auprès d’associations et d’Ă©tablissements scolaires et de sensibilisation aux transitions, Ă©cologiques, culturelles, sociales, Ă©conomiques. Ce volet-lĂ nous tient particulièrement Ă cĹ“ur et nous souhaiterions pouvoir l’amplifier, si les ressources humaines et financières nous le permettent.
Afin de pouvoir remplir nos missions, nous bĂ©nĂ©ficions du soutien de collectivitĂ©s territoriales bretonnes et de l’Etat. Percevoir de l’argent public pour nos activitĂ©s que nous estimons d’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral fait sens pour nous. Pour autant la participation citoyenne sous diffĂ©rentes formes (contributions financières et en informations), Ă titre individuel ou bien en tant qu’association, nous est essentielle* et c’est bien lĂ que nous devons accentuer nos efforts de communication pour l’intensifier.
Cela reste notre perspective principale pour l’annĂ©e Ă venir. Avec un autre dĂ©fi Ă relever, celui de l’implication bĂ©nĂ©vole, au-delĂ de celle des membres de notre conseil d’administration et de quelques prĂ©cieuses personnes-ressources, aux disponibilitĂ©s souvent limitĂ©es. Ceci est un fait, pas un jugement.
Notre prĂ©cĂ©dent prĂ©sident, Dominique Guizien, pointait Ă juste titre, dans son rapport moral de l’an passĂ©, la faiblesse de nos ressources humaines, avec une seule salariĂ©e Ă©paulĂ©e ponctuellement par des volontaires en service civique dont l’accompagnement constitue une charge de travail certaine pour elle, et un engagement bĂ©nĂ©vole rĂ©duit.
Ce qui est vrai pour Eco-Bretons l’est tout autant pour bon nombre d’associations qui pâtissent depuis ces dernières annĂ©es de la mĂŞme dĂ©saffection, les formes d’engagement Ă©voluant diffĂ©remment et interrogeant nos modalitĂ©s. D’autres associations, membres du RĂ©sam (RĂ©seau des associations du pays de Morlaix), Ă©tablissent le mĂŞme constat et rĂ©flĂ©chissent ensemble aux adaptations et ajustements que cela appelle.
Deux dĂ©fis majeurs, donc, Ă relever pour Eco-Bretons, avec l’impĂ©rieuse nĂ©cessitĂ© de mĂ©nager les montures – physiques, mentales, Ă©motionnelles – des unes et des autres, en ces temps compliquĂ©s qui fragilisent et abĂ®ment mĂŞme, oĂą nous devons plus que jamais faire face aux adversitĂ©s, ensemble. Quoiqu’il en soit.
*Sur notre toile, des transitions citoyennes retissent les liens avec le(s) vivant(s). Parce que votre participation citoyenne nous est essentielle, nous accueillons bien volontiers :
– vos envies d’Ă©crire, ou de photographier, ou de podcaster des initiatives de transitions dans les cinq dĂ©partements de Bretagne historique.
– vos contributions financières pour continuer de mener Ă bien nos projets en 2021, notamment nos « Portraits de femmes en transition ».
– vos implications Ă votre mesure dans notre vie associative.
Pour cela, vous pouvez adhĂ©rer en ligne ! Vous pouvez aussi rĂ©gler votre adhĂ©sion par chèque en l’expĂ©diant au 52 Route de Garlan- Kerozar 29600 Morlaix.
D’avance un grand merci !

