La maison d’édition nantaise La Mer Salée devient une coopérative citoyenne
Face à la concentration dans le secteur des médias et de l’édition et aux crises actuelles, la maison d’édition nantaise La Mer Salée choisit la voie de la résistance collective. Spécialisée dans les récits d’anticipation et les utopies écologiques, la structure franchit un cap et investit le champ de l’économie sociale et solidaire en se transformant en Société Coopérative d’Intérêt Collectif (Scic). Plus de 300 citoyen.ne.s ont d’ores et déjà rejoint la coopérative, et la somme réunie atteint plus de 100 000 euros.
La Mer Salée est une maison d’édition indépendante créée à Nantes en 2013. Elle est spécialisée dans les récits d’anticipation, les utopies contemporaines, et les imaginaires de transition écologique et sociale. Elle a publié jusqu’ici 27 ouvrages, dont « Les Utopiennes – Des nouvelles de 2043 », un recueil réunissant des récits, un poème, des interviews, une BD…. concoctés par des personnalités telles que Dominique A, Charlotte Marchandise, Timothée Parrique, Jean-Marc Gancille, qui s’adressent à nous en direct de 2043, à une époque où tout va mieux. Un livre que nous avons par ailleurs chroniqué sur Eco-Bretons.
Une Scic créée
La maison d’édition s’est lancée dans une nouvelle aventure, depuis mai 2026 : se transformer en coopérative citoyenne. « Nous arrivions à un moment charnière. Nous voulions préparer l’avenir de la maison sans dépendre d’un repreneur ou d’un groupe éditorial. Nous aurions pu vendre la maison d’édition ou arrêter l’aventure. Nous avons préféré l’ouvrir à celles et ceux qui partagent sa raison d’être », explique Yannick Roudaut, co-fondateur de La Mer Salée, dans un communiqué. « Nous vivons un moment crucial pour le monde de l’édition et plus généralement pour la culture en France. Face à l’interventionnisme croissant de milliardaires aux idées extrémistes, face à une conjoncture économique atone, les maisons d’édition indépendantes souffrent aux côtés des libraires. Il fallait réagir. Nous avons donc décidé d’amorcer une résistance en unissant nos forces. Seul le collectif peut répondre à la menace politique et culturelle actuelle ! », peut-on également lire sur le site de la maison d’édition.
Une Scic (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) a donc été créée, et l’intégralité des actifs de la maison d’édition y ont été transférés.
Plus de 300 coopérateurs et coopératrices ont d’ores et déjà rejoint la Scic, permettant de collecter plus de 100 000 euros. On y trouve des lecteurs et lectrices, des auteurs, autrices, des entrepreneurs et entrepreneuses, retraité.e.s, étudiant.e.s… Avec l’idée de « fédérer une grande communauté francophone de lecteur.ices, auteur.ices et citoyen.nes engagé.es pour l’indépendance culturelle », explique Yannick Roudaut.
L’objectif de la campagne est de réunir au moins 200 000 euros. Les parts sont disponibles à partir de 50 euro, et permettent de participer à la gouvernance de la structure selon le principe « une personne = une voix » . On peut souscrire en ligne sur le site de La Mer Salée : https://www.lamersalee.com/la-cooperative

