A Saint-Aignan, les rencontres nomades foisonnantes du festival Paysages
Le festival Paysages revient en Centre-Bretagne avec une 6ème Ă©dition, du 1er au 6 juillet, dans la commune rurale morbihannaise de Saint-Aignan, oĂą il est nĂ© en 2021 pendant la pandĂ©mie mondiale. L’association TIMILIN qui organise l’évĂ©nement propose Ă un public curieux d’explorer la magie des espaces-temps avec des artistes, des chercheurs, des habitant.es passionnĂ©.es. Le Festival est pensĂ© comme une expĂ©rience Ă vivre dans l’instant et dans la rencontre Ă travers des confĂ©rences, expositions, lectures poĂ©tiques, ateliers, concerts.
Saint-Aignan est une commune de Centre-Bretagne qui se niche sur les rives du Blavet, de la forĂŞt de QuĂ©nĂ©can et du lac de GuerlĂ©dan, dans les paysages de Motten Morvan, architecture de terre situĂ©e aux confins des comtĂ©s de Rennes et Vannes autour de l’An Mil, Ă©rigĂ©e Ă l’Ă©poque de Charlemagne et des premiers rois bretons. Le site fait l’objet de fouilles archĂ©ologiques depuis plusieurs annĂ©es.
C’est en diffĂ©rents lieux de la commune que l’on viendra y « Moudre nos idĂ©es ensemble », crĂ©do de l’association dont l’acronyme TIMILIN -Territoires de l’Imaginaire, de l’Initiative locale et de l’Innovation – n’a jamais cessĂ© de donner le ton Ă cet inclassable festival qui fait la part belle aux croisements de regards autour des patrimoines culturels et naturels. Eco-Bretons ne manque pas de s’en faire l’écho Ă chaque Ă©dition.
Avec Ă nouveau moult intervenant.es, dont l’invitĂ© d’honneur, le photographe humaniste finistĂ©rien Pierre Le Gall, la prĂ©historienne Anne Augereau, ainsi qu’une carte blanche donnĂ©e au poète et habitant de Silfiac, Alexis Gloaguen.
Créer du lien, faciliter la création, soutenir la recherche en sciences humaines, encourager la coopération
« Si vous pensez qu’il n’est pas possible durant le même après-midi de parler de préhistoire, d’égalité femme-homme en 2026, d’engagement citoyen et d’engagement politique avec des femmes et des hommes d’exception, alors le festival Paysages n’est pas fait pour vous. Et c’est vraiment pas grave ! », lance un brin provocatrice Françoise Ramel, infatigable créatrice/animatrice de l’association TIMILIN et de son festival. Certes pas grave… mais ce serait vraiment dommage de se priver d’un tel foisonnement d’idées, de connaissances, de rencontres !
Car « c’est cela l’esprit du festival. CrĂ©er de la connaissance et de l’interÂconnaissance, susciter l’envie d’agir en faveur de la sauvegarde de nos hĂ©ritages culturels Ă partir de notre expĂ©rience citoyenne. Cette invitation vise le dialogue d’égal Ă Ă©gal, peu importent les raiÂsons qui nous amènent Ă nous rencontrer lĂ , sans urgence ni rĂ©ponse Ă donner Ă une commande. La programmation proposĂ©e rĂ©sulte du choix de celles et ceux qui viennent Ă titre bĂ©nĂ©vole partager un savoir, une dĂ©marche de crĂ©ation, un engagement citoyen, au coeur de la campagne breÂtonne. L’essentiel est que nos rencontres nomades en zone rurale produisent ce pour quoi elles existent : crĂ©er du lien, faciliter la crĂ©ation, soutenir la recherche en sciences humaines, encourager la coopĂ©ration », poursuit Françoise Ramel.
A la question très frĂ©quente, quel est le fil conducteur ? Françoise Ramel rĂ©pond : « il y en a plusieurs, c’est un choix assumĂ© de n’en imposer aucun. ChaÂcun.e crĂ©e son propre festival au grĂ© des rencontres, des lieux, des ambiances. Selon ses centres d’intĂ©rĂŞt bien sĂ»r, mais avec la ferme intention de se laisser surprendre ! »
Une riche excursion parmi une belle variété d’univers
Le programme propose une riche excursion au sein d’une belle variété d’univers. Nous en avons repéré quelques-uns durant ces 6 jours :
Mercredi 1er juillet
– la FĂ©dĂ©ration des Clubs UNESCO organise un webinaire international pour ses 70 ans, avec l’intervention de doctorant.es sur 3 continents au travers de tables-rondes et workshops animĂ©s par des personnes-ressources du rĂ©seau TIMILIN.
Jeudi 2 juillet
– Georges Voisset, expert littĂ©raire et Ă©diteur Ă Allineuc, donne une confĂ©rence : « De QuĂ©nĂ©can Ă la Grande ForĂŞt : Pantouns (Korrigans), charmes et magie noire ». Un prĂ©lude Ă l’exploration magique de Motten Morvan proposĂ©e par l’artiste Claire Degraincourt les 5 et 6 juillet.
– Claude-Guy Onfray, auteur et habitant de la commune costarmoricaine de Saint-Brandan, propose une projection autour d’un « voyage en 100 tableaux au coeur de l’oeuvre de John-Peter Russel, un peintre australien qui vĂ©cut et crĂ©a Ă Ă Belle-Ile.
Vendredi 3 juillet
– SĂ©verine Ragon-Susseret, co-responsable de la commission scientifique du Festival Saumon qui se qui se dĂ©roulera les 10, 11 et 12 juillet 2026, prĂ©sente « Le festival Saumon : 30 ans d’engagement citoyen Ă Pont-Scorff ».
– Alexis Gloaguen rĂ©alise une lecture poĂ©tique au parc du manoir du CloĂ®tre : « Écrits de nature ».
– AurĂ©lie Bès de Berc fait entendre« O’Luna ». InspirĂ© de ses voyages et de l’écoute du vivant. Son travail de composition navigue librement entre approche intimiste, explorations mĂ©lodiques et performance vocale.
– Deux concerts acoustiques en soirĂ©e, avec le « trio Belles et brutes ». Celui-ci rĂ©vèle l’alchimie poussĂ©e du juste Ă©quilibre entre trois voix, trois personnalitĂ©s, dans une Ă©nergie qui fait du bien. L’ensemble est Ă©poustouflant, très beau, incroyablement crĂ©atif.» Avec StĂ©phanie Bailly : accordĂ©on, voix – Lia Farque : percussions, voix – Julie Buttolo : percussions, Luth, ukulĂ©lĂ©, voix. Puis avec le duo Fabien Robbe/JĂ©rĂ´me Gloaguen : Imaginez deux astronautes sympathiques larguĂ©s en zone libre dont la seule mission serait de ramener de l’espace des symphonies d’étoile, des rĂ©sonances cosmiques Ă©trangement familières et des rythmes sentant la terre (de quelle planète ?) après la pluie. Avec ce duo passionnĂ© d’improvisation, la musique relève autant du jeu acrobatique que de l’illusion d’éternitĂ© d’un coeur gravĂ© dans l’écorce d’un arbre.
Samedi 4 juillet
– Vernissage Ă 11h de l’exposition de Pierre Le Gall. A 16h, un temps d’échanges et de dĂ©dicaces de son anthologie de 60 annĂ©es de photographies prises Ă travers le monde, intitulĂ©e « Humain très humain ».
– Christian Lioto, prĂ©sident du ComitĂ© de soutien au MusĂ©e de PrĂ©histoire FinistĂ©rien Ă Penmarc’h (CSMPF), prĂ©sente une animation sur les chasseurs-cueilleurs.
– Isabelle Gueguen, native de Plussulien et l’une des quatre autrices d’un livre blanc consacrĂ© au budget sensible au genre dans les collectivitĂ©s, parle de « 20 ans d’engagement professionnel sur l’EgalitĂ© Femme-Homme ».
– Anne Augereau, archĂ©ologue Ă Ă l’Institut national de recherches archĂ©ologiques prĂ©ventives (Inrap). NĂ©olithicienne, elle a dirigĂ© de nombreux chantiers de fouille. Elle donne ici une confĂ©rence autour de la prĂ©sentation de son ouvrage « Une PrĂ©histoire des Femmes » (Ă©d La DĂ©couverte).
– Concert d’Eva Fogelgesang et de Christophe Deslignes, « LA CONVIVIENCIA » : Voir sur scène ces deux superbes artistes, plonger dans l’univers magnĂ©tique des musiques mĂ©diĂ©vales, c’est goĂ»ter la beautĂ© et la sophistication suprĂŞme de rĂ©pertoires qui Ă©lèvent l’âme. Musiques espagnoles du Moyen-Age et de la Renaissance. Manoir de Kerboutier, Ă Noyal-Pontivy.
– Observation du ciel Ă©toilĂ© animĂ©e par l’archĂ©ologue StĂ©fan Maeder : en attendant la nuit, Ă©coute du paysage Ă Motten Morvan.
Dimanche 5 juillet
– Avant-première nationale / crĂ©ation Ă Motten Morvan, forteresse du 8è siècle, d’unpectacle dĂ©ambulatoire proposĂ© par Claire Degraincourt, comĂ©dienne, habitante du territoire.
– « Voyages aux AmĂ©riques » par le poète Alexis Gloaguen.
– Concert de clĂ´ture proposĂ© par SAILE : Diarmuid Johnson, poète gallois, Alain Genty, bassiste et Erwan Moal, guitariste. La voix grave de Diarmuid Johnson, poète gallois, et toutes les langues celtiques qu’il choisit pour compagnie, ouvrent des portes aux Ă©motions insoupçonnĂ©es qui naissent de la contemplation longue d’un paysage sauvage.
Le programme complet du festival Paysages est consultable sur :

