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Gestion de l’eau en Léon-Trégor : « Faire un pas les uns vers les autres »

Véritable « parlement de l’eau », la Commission Locale de l’Eau (CLE) du territoire Léon-Trégor fait sa rentrée avec un collège d’élus largement renouvelé. Gestion quantitative de la ressource, lutte contre les algues vertes, prévention des pollutions sur le littoral… les enjeux sont nombreux.

Qu’est-ce qu’une Commission Locale de l’Eau ?

Une CLE (Commission Locale de l’Eau) est en quelque sorte un « parlement de l’eau », à l’échelle d’un bassin hydrographique ou d’un territoire. C’est une instance, créée par le préfet, qui est « chargée d’élaborer de manière collective, de réviser et de suivre l’application du Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (le SAGE) », peut-on lire sur le site Gest’Eau.

Les CLE sont composées de trois collèges :

Le Pays de Morlaix porte depuis 2021 le SAGE Léon-Trégor. Ce schéma couvre 1 100 kilomètres carrés, pour 51 communes, dans les Côtes-d’Armor et le Finistère. Il englobe 850 km linéaires de cours d’eau, dont le Jarlot, la Penzé, l’Horn, le Douron, le Queffleuth… « C’est un SAGE de taille moyenne, qui couvre quatre intercommunalités », précise Jocelyn Hilliou, animateur du SAGE.

Du fait des élections municipales qui ont eu lieu en mars 2026, le collège des élus locaux de la Commission Locale de l’Eau a été en très grande partie renouvelé. Si Guy Pennec, maire de Plourin-lès-Morlaix et vice-président en charge du grand et du petit cycle de l’eau à Morlaix Communauté, en assure toujours la présidence, il y a une innovation du côté d’une des vice-présidences : un membre du collège des usagers a été désigné, en la personne de François Kerscaven, représentant la Chambre d’agriculture. C’est la première fois qu’un membre des usagers est élu à une des vice-présidences, sur l’ensemble des SAGE bretons. Une nouveauté rendue possible grâce à un décret de 2024.

La CLE du SAGE Léon-Trégor se réunit quatre fois par an, et travaille en parallèle en commissions thématiques.

Sur quoi travaille la Commission Locale de l’Eau du SAGE Léon-Trégor ?

Les CLE travaillent sur des Plans d’Aménagement et de Gestion Durable (PAGD). Sur le SAGE Léon-Trégor, celui-ci est décliné en 82 mesures. Sept objectifs prioritaires ont été définis :

« L’accent est mis de plus en plus sur la quantité d’eau. Il y a eu un avant et un après 2022, année de grande sécheresse », souligne Jocelyn Hilliou. « En ce moment, il y a une pression forte sur tous les usages de l’eau. L’hydrologie et le climat changent, ce sont des sujets que la CLE traite ».

Parmi les actions phares, on peut citer le « profil de vulnérabilité des eaux littorales » : la feuille de route 2022-2025 avait vu la mise en œuvre de ce « profil » avec la régie An Dour, l’identification des pollutions et la mise en place d’un diagnostic. Pour la période 2026-2030, le programme d’actions pour la partie microbiologie va démarrer, ainsi que la poursuite des actions de médiation avec An Dour. Un outil de prédiction des pollutions sera également déployé en 2027 : une appli, baptisée « Previdour », sera lancée. Réservée aux professionnels, elle permettra de savoir, suivant les conditions de pluie, de vent et les coefficients de marée, quels seront les risques de pollution pour les usagers du littoral.

Autre sujet au cœur du travail de la CLE : le carénage (entretien de la coque des navires). Un sujet important pour le territoire. Après le lancement d’une étude technique et stratégique pour le déploiement d’une offre de carénage sur le territoire du SAGE, et la réalisation d’actions de concertation avec les différentes parties prenantes, l’objectif est maintenant de mettre en œuvre cette stratégie, via une « certification carénage » encadrée par arrêté préfectoral.

Les algues vertes sont également bien présentes dans la baie de Morlaix. Leur volume est même en augmentation. Un comité scientifique a ainsi été installé, une première au niveau d’un SAGE. « Les membres nous ont alertés sur l’enjeu numéro un : retirer les algues de la baie, car elles ont tendance à s’adapter », affirme Jocelyn Hilliou. Une filière expérimentale curative a été déployée cet été : le ramassage des algues, puis leur stockage dans des bennes avec de l’eau pour stopper la putréfaction, avant épandage dans les champs. Le chantier ostréicole Cadoret a également testé une machine permettant de trier les huîtres et les algues. Celles-ci, une fois propres et fraîches, sont ensuite utilisées par l’entreprise Olmix et sa bioraffinerie, qui fabrique des engrais et des compléments alimentaires pour le bétail.

Une autre expérience va aussi être tentée : la co-culture d’algues rouges et brunes avec les huîtres, qui pourraient entrer en concurrence avec les algues vertes…

Du travail en perspective pour la Commission Locale de l’Eau. « Il faut se saisir des sujets sans les occulter, de manière constructive et démocratique », indique Guy Pennec, président de la CLE. « On cherche le meilleur dénominateur commun. Concilier les usages, c’est accepter le principe de faire un pas les uns vers les autres ». D’autant plus aujourd’hui où « la question de la ressource en eau, de sa quantité, est devenue primordiale. C’est réellement un sujet ».

Plus d’infos : https://www.paysdemorlaix.com/missions/eau/

A lire aussi : https://www.eco-bretons.info/profil-de-vulnerabilite-des-eaux-littorales-leon-tregor/

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