Rennes, une ville-jardin

Reportage de Maïlys Belliot publié dans le magazine La Maison écologique n°118, avec son aimable autorisation.

Des roses trémières poussent sur les trottoirs, des pommiers grandissent au pied des immeubles… À Rennes, des citoyens verdissent les espaces urbains depuis 20 ans.

Rue Marcel-Sembat, dans le quartier sud-gare de Rennes (Ille-et-Vilaine), la plupart des interstices entre le pied des pavillons et le trottoir ne sont plus goudronnés. Sur environs 15 cm de largeur poussent de la vigne vierge, des euphorbes, pommiers d’amour, buis, lierre grimpant… Les habitants verdissent leur rue. Une action bienfaisante pour la perméabilité des sols, l’oxygénation, le rafraîchissement, la fixation de particules fines, la biodiversité… Et pour l’enjolivement du paysage urbain.

Pour cela, les habitants ont demandé un « permis de végétaliser ». À l’Hôtel de ville, Daniel Guillotin, conseiller municipal délégué à l’écologie urbaine et à la transition énergétique, en raconte l’origine : « Il y a 20 ans, c’est parti d’une initiative d’habitants, d’associations et de la Maison de la consommation et de l’environnement pour végétaliser les rues. Ça a commencé dans le quartier sud-gare. Le particulier sollicitait la Ville, on passait une convention de mise à disposition de l’espace public, les services de voirie venaient casser le bitume, puis le particulier était libre de planter, à condition d’entretenir. » En 2009, le mouvement devient « Embellissons nos rues », puis « Jardiner ma rue ». « Depuis la dernière mandature, la demande augmente fortement », note l’élu, graphiques du bilan annuel en mains. En avril 2019, le Plan local d’urbanisme intègre officiellement le « permis de végétaliser », lancé pour la première fois à Paris quatre ans plus tôt. Rennes en totalise plus de 550.

Jardin partagé de 150 m2 créé en 2002 dans un square du quartier Villejean, à Rennes.
©Maïlys Belliot

Permis de jardiner

Ces permis concernent en réalité plus que les pieds de murs. Les pieds d’arbres deviennent cultivables, comme boulevard Oscar-Leroux, ainsi que le mobilier urbain type barrières, plots et poteaux hors signalisation, par des jardinières en suspension, par exemple. Quelques règles sont à respecter, définies dans un cahier des charges ; comme laisser 1,40 m de passage libre sur le trottoir, assurer l’arrosage, le ramassage des déchets végétaux et la taille, conduire le développement des plantes grimpantes qui ne doivent pas dépasser 15 cm de large sur 2 m de hauteur maximum. Engrais et produits phytosanitaires sont proscrits.

Rue du Bahon-Rault, l’espace végétalisé est plus conséquent. Deux hectares de verdure s’étalent parmi des commerces et bureaux. Une femme et deux hommes assemblent un poulailler sous le regard des gallinacés qui gambadent. Autour d’eux se répartissent une spirale aromatique, une mare, une ruche kenyane, de jeunes pommiers, un « igloo » bâti avec des roues de vélo qui attend la pousse de passiflores et des bacs potagers. Poireaux, blettes, salades et roquette résistent au froid de janvier. Le tout dans un parfum de broyat de sapin. Ledit « Hangar » est une ancienne scierie, aujourd’hui local de l’association Vert le jardin. « L’idée est de jardiner ensemble et d’échanger les savoirs. Les adhérents peuvent venir quand ils veulent et repartir avec des légumes et des œufs », décrit Lisa, l’une des salariés. Tel le laboratoire d’un jardin partagé.

Lisa est l’une des six salariés de Vert le jardin, qui organise des ateliers jardinage à la demande des habitants et accompagne l’installation de composteur urbain.
©Maïlys Belliot

Partager un potager

Du petit bac aromatique au potager, les jardins sont une autre manière de végétaliser la ville. Ils se nomment jardins familiaux, ouverts ou partagés, selon leur utilisation. Chacun est porté par un organisme qui signe avec la Ville une convention. Les jardins familiaux sont des parcelles individuelles de 50 à 200 m2 louées à l’association Les Jardins familiaux de la ville de Rennes. « La municipalité met à disposition des terrains à l’association contre une redevance et pour les citoyens, l’adhésion à l’association vaut la location, détaille Daniel Guillotin. Ils représentent 19 ha, soit 1 000 parcelles. »

Les jardins ouverts sont généralement ceux des Incroyables comestibles, un mouvement citoyen* qui propose aux habitants de cultiver une parcelle tout en laissant la production et la cueillette libres d’accès. Une trentaine sont connus à Rennes. Parmi eux, Le Petit Quineleu, dans la rue du même nom, un jardin éphémère sur une friche en attente de construction. Dans cette même configuration, huit vergers libres, comptant 3 000 fruitiers, sont conventionnés par l’association La Nature en ville.

Les jardins partagés, quant à eux, restent aux habitants qui les produisent et en définissent les règles. L’association Vert le jardin accompagne les citoyens. « On les aide à se constituer en groupe, à bien choisir leur parcelle et à établir le règlement. Ensuite, ils peuvent se monter en association pour demander une convention de mise à disposition du terrain à la Ville, ou se rattacher à une structure existante. Ce peut être la nôtre ou une association qui n’est pas du tout axée jardin », explique Lisa. On en dénombre une centaine à Rennes. Et la demande est exponentielle.

Les jardins questionnent la place du végétal nourricier dans les villes. Ils recréent aussi du lien entre les citoyens dans un espace urbain qui tend à les désolidariser. Si l’envie de végétaliser est avant tout une cause militante, toutes les municipalités peuvent se sentir concernées. Elles y trouveront, en outre, l’avantage d’avoir moins d’espaces verts à entretenir.

*Initié à Rennes par l’association Jardins ou(verts).

Le nouveau numéro du magazine La Maison Ecologique est disponible : au sommaire, un dossier sur l’habitat participatif, une enquête sur les aides financières à la rénovation, un guide pour construire un habitat nomade pas à pas…A retrouver en kiosque ou sur le site internet de La Maison Ecologique.




L’idée sortie. “Du Champ à l’Assiette” ce samedi à Rennes

Ce samedi, le quartier de la Prevalaye à Rennes accueille La Fête Du Champ à l’Assiette, qui veut célébrer la « biodiversité cultivée et cuisinée ».

L’objectif de l’événement qui revient pour sa sixième édition ? Fêter le territoire de la Prévalaye, « véritable site agricole et paysan aux portes de Rennes ». Cette année, la thématique de la convivialité et des échanges de savoirs et de savoir-faire entre citoyens et acteur.rices pour pour ré-apprendre à cultiver notre assiette ensemble et gaiement. La Fête du Champ à l’Assiette est co-organisés par un collectif d’associations, de citoyens, de porteurs de projets, d’un lieu public de sensibilisation à l’environnement et d’une structure de recherche investis sur le territoire, avec l’Ecocentre de la Taupinais, La Basse Cour, Vert le Jardin, la MCE, PermaG’Rennes, le Jardin des Mille Pas, la Ferme des petits chapelais, la Garden Partie et  l’équipe Biodiversité Cultivée et Recherche participative de l’INRAE.

Au menu de la journée qui se déroulera à l’eco-centre de la Taupinais : un marché de producteur.rice.s, des jeux, des ateliers autour des plantes (conseils de cueillette et séchage, empreintes végétales sur textile…), du jardinage (compostage, jardinage au naturel, récolte de semences potagères), de la cuisine (fabrication de pâtes fraiches, de crème et de beurre, cuisine anti-gaspi…), du pressage de pommes avec la Pressi’Mobile…on pourra aussi participer à des balades, visiter des fermes (sur inscriptions), assister à des spectacles de contes ou de théâtre, à des conférences et des rencontres, et à un bal funk (masqué!) le soir.

La fête marque également le lancement d’une série d’événements, baptisée « Terre Bio », qui se dérouleront sur un an, afin de faire découvrir les acteurs locaux et internationaux de l’agriculture biologique, en prélude au Congrès Mondial de l’Agriculture Biologique qui se déroulera à Rennes du 6 au 10 septembre 2021.

Plus d’infos sur la page Facebook https://www.facebook.com/LaPrevalayePaysanne/




L’idée sortie. La fête du Potager des Cultures à Rennes

Ce dimanche, partez à la découverte de la ferme urbaine du Blosne à Rennes. De 14h à 19h, des ateliers, discussions, ou encore balades seront proposées au public.

La ferme urbaine du Blosne, baptisée « La fête du Potager des Cultures » est née l’année dernière, après un an de concertation citoyenne et un financement obtenu grâce au budget participatif de la ville de Rennes . Le projet a été porté par l’association Les Cols Verts Rennes, mais également par un collectif d’habitants du quartier du Blosne. En effet, face à une précarité alimentaire et relationnelle grandissante, le collectif souhaitait créer un tiers-lieu qui, en plus de proposer des produits locaux préservant la biodiversité, favoriserait les échanges intergénérationnels et culturels. Par la suite, l’association les Cols Verts qui a pour objectif de sensibiliser et de former à la transition alimentaire par le biais de l’agriculture urbaine, s’est intégré au sein du projet.

Ce dimanche, la ferme urbaine ouvre ses portes à l’occasion de son premier anniversaire. Au programme : ateliers, conférences, discussions, activités pour enfants…

On pourra ainsi découvrir la fabrication de jardinières à partir de livres avec La Belle Dechète, la fabrication de tawahis et de dentifrice zéro déchet avec Breizhicoop, la cuisine anti-gaspi avec la Biocoop Scarabée, le compostage avec Rennes Metropole et l’association Vert Le Jardin…Des balades seront organisées pour découvrir la ferme, la botanique…Du côté des activités pour enfants, peinture végétale, jeux de société, yoga…seront proposés. On pourra aussi échanger lors de plusieurs conférences et discussions, autour de l’alimentation au temps de la Covid19, ou encore autour des agricultures urbaines et rurales.

En raison du contexte sanitaire, le port du masque sera obligatoire pour toute personne de plus de 11 ans, et les ateliers se feront sur inscription directement sur les stands afin de limiter l’affluence.




A Rennes, ils inventent une mini-caravane éco-responsable

L’entreprise rennaise My Tiny Camp a créé une mini-caravane au look vintage, au poids léger, à la fabrication artisanale en bois et matériaux écologiques.

Après deux mois de confinement, l’appel du grand air se fait sentir pour beaucoup. Et les conditions sanitaires actuelles font qu’il peut être compliqué de garder ses habitudes pour les vacances d’été…d’où le boom actuel des solutions nomades ! Camping-car, fourgons aménagés, tentes…ont le vent en poupe et rencontrent de plus en plus d’adeptes. Or ces solutions itinérantes ne sont pas sans impact sur l’environnement, notamment concernant leurs mode de fabrication (plastique…), leurs poids qui engendre une plus forte consommation de carburant…Mais des solutions plus écologiques existent. C’est le cas par exemple avec les caravanes de My Tiny Camp. La société, basée à Rennes, a été créé par Dominique Caumes, qui a participé à la création de la plateforme communautaire matinyhouse.com, et qui a souhaité au départ autoconstruire sa propre caravane, et Xavier Landoys, spécialiste en métallurgie, menuiserie/charpente et ingénierie des structures, à la tête de ABC Concept Design. Tous deux ont lancé leur société fin 2019.

Les caravanes « Tiny Camp » sont constituées d’un « espace nuit » avec un matelas de 130 x 200, des rangements et un mini-bureau. Le coffre est aménagé en kitchenette, avec un évier amovible, espace réfrigéré, un réchaud à gaz, et des rangements pour la nourriture et les ustensiles de cuisine. D’un coût grand public de 13600 euros TTC et d’un poids de 500 kilos, elles sont en bois et fabriquées à Bédée, à côté de Rennes, de manière artisanale. Le duo a souhaité travailler le plus possible en local. « Nous nous appuyons sur un réseau de prestataires locaux que ce soit pour la découpe numérique qui se fait dans une petite PME près de Chateaubourg, pour la fabrication de la remorque qui se fait à côté de Vitré. Nous nous approvisionnons en matériaux en Bretagne : le bois à Fougères et à Vannes, les isolants à la Mézière, la peinture à Cesson sévigné, l’acier à Rennes, dans l’optique de faire travailler les entreprises bretonnes. », explique ainsi Dominique Caumes. Une attention est portée à l’origine du bois : épicéa origine Europe sans « liant formaldéhyde » dans la mesure du possible, chêne origine France, peuplier de plantations européennes pour le contreplaqué intérieur (non revêtu). Du côté des isolants, le liège, le Métisse (isolant thermique et acoustique fabriqué par Le Relais à partir de coton recyclé, ndlr), ou la laine de bois sont utilisés. Pour la peinture, c’est une peinture à l’eau à faible impact environnemental qui colore les caravanes. Et les déchets sont limités : « Dans les restants de panneaux de bois et d’aluminium, la découpe est optimisée pour faire des remorques de vélo. Et si on démantèle la caravane à sa fin de vie, l’acier de la remorque et l’aluminium du toit peuvent être recyclés  », précise Dominique, qui évoque aussi quelques points restants à améliorer : les mastics et colles utilisés pour l’étanchéité qui ne répondent à leur cahier des charges, et les fenêtres qui ne peuvent pas être en bois pour des raisons liées à la sécurité routière. My Tiny Camp recherche d’ailleurs un fournisseur pour cet élément ! L’appel est lancé!

On peut d’ores et déjà demander un devis pour la caravane (qu’il est possible de personnaliser en rajoutant par exemple des panneaux solaires) sur le site de l’entreprise.

Plus d’infos : https://www.mytinycamp.com




Photographiez le printemps avec les CPIE !

A défaut de pouvoir maintenir les activités habituellement
proposées (ateliers, jardinages, découverte des écosystèmes), le réseau national
des CPIE (Centres Permanents d’Initiatives pour l’Environnement) de France ont
décidé d’organiser un rallye photo pour célébrer le printemps.

Du 6 au 10 avril, mettez en avant vos talents de photographes en prenant part à ce rallye !

Comment participer
?

Suivez l’actualité du CPIE le plus proche de chez vous. Tous
les jours un thème différent sera donné et le ou la participant.e pourra
envoyer une photo correspondant au thème. Postez votre cliché avant 20h en
taguant le CPIE du Gard à l’@mnerene30
et en indiquant
les hashtag suivants : #fenetresurleprintemps #cpie #themedujour (ex : si le thème est “insecte volant” vous taguez #insectevolant).

Si vous
n’êtes pas sur les réseaux sociaux vous pouvez envoyer votre photo au CPIE le
plus proche de chez vous. Les enfants de moins de 13 ans sont invités à
participer par mail.

Un
gagnant par CPIE et par jour sera désigné. La photo sera partagée le lendemain à
12h. A la fin de la semaine, un jury composé des CPIE organisateurs désignera
le Podium national qui sera communiqué dans la semaine suivante.

Les photos
gagnantes seront valorisées par les CPIE organisateurs (site internet, page
Facebook, expositions, …).

Attention : en participant
à ce concours, vous reconnaissez avoir pris connaissance et accepté les
conditions d’organisation. Vous autorisez également les CPIE à utiliser vos
productions, votre nom sera apposé à l’image.

Les CPIE en Bretagne.

Finistère (29) :

Morbihan (56) :

Loire Atlantique (44) :

Ille et Vilaine (35) 

Plus d’informations ici.