Financement participatif (Crowdfunding), mode d’emploi
Qu’est ce que le crowdfunding ?
Le crowdfunding signifie littĂ©ralement « financement par la foule ». « C’est un mĂ©canisme de rĂ©colte de fonds qui cherche Ă financer des projets portĂ©s par des associations, des individus, des entreprises, et ce, auprès du grand public », explique Anne Robic, chargĂ©e de mission Ă l’Adess (Association de DĂ©veloppement de l’Economie Sociale et Solidaire) du pays de Morlaix. Le crowdfunding permet ainsi de rĂ©unir Ă un grand nombre de contributeurs financiers au projet.
Mais le crowdfunding n’est pas si nouveau que cela : « il y a toujours eu des appels aux dons », souligne Anne Robic. « C’est le contexte qui a Ă©voluĂ© », explique-t-elle. « Du cĂ´tĂ© des porteurs de projets, il est de plus en plus difficile de rassembler du financement auprès des interlocuteurs classiques, il faut chercher des modes de financements alternatifs », constate la chargĂ©e de mission. « On voit Ă©galement apparaĂ®tre de nouvelles formes de consommation collaborative. Et Ă©galement une dĂ©fiance quand Ă l’Ă©pargne : les citoyens recherchent une nouvelle façon manière d’Ă©pargner, notamment via les formes participatives, comme on le voit avec le dĂ©veloppement des GFA, SCI, Cigales… », rĂ©sume Anne.
Quel type de financement demander ?
Le crowdfunding repose sur 4 segments diffĂ©rents : le « don pur » (qu’on retrouve dans le caritatif), les « dons en Ă©change de contrepartie » pour financer des projets (ce qui est pratiquĂ© sur les plateformes de type ulule ou kisskissbankbank, ndlr), des levĂ©es de fonds auprès de particuliers pour les entreprises (equities), et les prĂŞts solidaires entre particuliers. « Les deux segments les plus porteurs sont actuellement les dons contre contreparties, et les prĂŞts solidaires », explique Karine Levy-Heidman, reprĂ©sentante des plateformes Hello Merci et Kisskissbankbank.
Comment cela fonctionne ?
Concernant les dons en échange de contreparties et les prêts entre particuliers, on retrouve quelques grands principes :
-
La règle du « tout ou rien » : l’argent est versĂ© seulement si l’objectif de collecte est atteint
-
L’utilisation d’internet comme outil de mobilisation (plateforme dĂ©diĂ©e)
-
Une commission prélevée en cas de succès de la collecte
-
La consolidation d’une « communautĂ© » de crowfunders (donc de soutiens au projet)
Les plateformes de « dons contre contrepartie »
L’idĂ©e est de de faire participer les citoyens au financement d’un projet original et innovant. En Ă©change d’un don, le porteur de projet offre une contrepartie. « Le mieux est d’offrir une contrepartie originale, pour faire en sorte de crĂ©er une communautĂ© dès le dĂ©part autour du projet », conseille Karine Levy-Heidman. Le plus souvent le don se fait par prĂ©lĂ©vement, Ă l’issu du temps de collecte, si la totalitĂ© de la somme demandĂ©e est rĂ©coltĂ©e.
Quelques plateformes françaises : Kisskissbankbank, Ulule, Mymajorcompany…
Une plateforme bretonne : base jaune, créée en février 2014 à Quimper, et qui est dédiée aux projets bretons.
Les plateformes de prêts à taux zéro
Ces sites sont dĂ©diĂ©s aux projets personnels ou entrepreneuriaux. Ils peuvent ĂŞtre utilisĂ©s en cas de besoin de trĂ©sorerie, ou pour dĂ©velopper une nouvelle production par exemple, voir pour la crĂ©ation complète d’une activitĂ©. Les fonds collectĂ©s après des internautes sont ensuite remboursĂ©s : il s’agit d’un prĂŞt, et non de dons, et ce sans intĂ©rĂŞts.
L’important est, selon Karine Levy-Heidman, de « choisir le type de collecte sur lequel on est le plus Ă l’aise », et bien prĂ©parer son opĂ©ration, Ă©valuer quel montant on va demander, et ne pas ĂŞtre trop gourmand. Ainsi que prendre le temps d’Ă©laborer son projet et de le prĂ©ciser avant de se lancer.
Comment mobiliser autour de son opération de crowdfunding ?
L’une des clĂ©s du succès est la capacitĂ© Ă mobiliser une communautĂ© autour du projet. Il faut pour cela crĂ©er de la « viralitĂ© » autour, en touchant trois sphères principales : le cercle des proches/l’entourage, les relais d’influence (amis d’amis par exemple), et enfin le grand public. « Le grand public est la sphère la plus compliquĂ©e Ă toucher », selon Karine Levy-Heidman. « Tous les projets n’aspirent pas Ă l’atteindre ».
Pour créer de la viralité et parler de son projet, il ne faut pas hésiter à utiliser les réseaux sociaux Facebook et Twitter, à envoyer des mails, pour toucher un maximum de public !
Plus d’infos
http://www.goodmorningcrowdfunding.com/

