Rencontres Blue Valley : les algues au cœur de la nutrition humaine
Le Pays de Morlaix a réuni les acteurs des bioressources biotechnologies marines lors de la deuxième édition des Rencontres Économiques Blue Valley, qui se sont déroulées le jeudi 29 janvier au Roudour à Saint-Martin-Des-Champs (29). Des rencontres qui ont permis à différentes filières de se croiser, puisque le thème de cette édition 2026 portait sur l’optimisation de la santé humaine et animale par l’utilisation des ingrédients marins. L’occasion de faire un zoom sur deux projets particuliers : le Cluster Algues Bretagne, et le programme « Promalg-Health » qui vise à proposer de nouveaux aliments enrichis en protéines à partir de macro-algues, dans les repas servis au CHU de Brest.
Pour la deuxième fois, le Pays de Morlaix a organisé les « Rencontres Economiques Blue Valley ». Mais qu’est ce qui se cache derrière ce nom ? Blue Valley, c’est une « marque et un programme portés par le Pays de Morlaix depuis 2019 « , explique Véronique Lemonon, Cheffe de projet innovation au Pays. Son ambition est de « porter la bioéconomie bleue, et plus particulièrement les biotechnologies matines », sur le territoire. « Ici, il y a un vrai potentiel de développement, notamment grâce à la présence de la Station Biologique de Roscoff », précise Véronique. Les objectifs de Blue Valley : Accélérer le transfert de technologies et soutenir l’emploi dans la filière des bioressources et biotechnologies marines, développer l’animation de proximité pour faire émerger les projets, et faire du programme un outil de coopération et de rayonnement pour la filière et le territoire.
Pour cette édition 2026, c’est l’optimisation de la santé humaine et animale par l’intégration d’ingrédients marins dans la nutrition qui était au programme. Deux projets ont retenu l’attention d’Eco-Bretons :
Le Cluster Algues Bretagne
Cette structure associative a été créé il y a 3 ans. Elle regroupe des entreprises, des territoires, des établissements d’enseignement supérieurs et de recherche, des établissement financiers. Objectif « Faire de la Bretagne un territoire d’excellence, leader du développement de la filière algues », explique Caroline Peltier, cheffe de projet pour le Cluster. La structure accompagne aussi bien des entreprises travaillant dans le domaine de l’alimentation, des cosmétiques, que des matériaux. « Nous couvrons toute la chaîne des différents modes de production », précise Caroline Peltier. « Et nous nous concentrons exclusivement sur les macro-algues ». La force de la région repose sur une production diversifiée de 60 000 tonnes par an. Qu’il s’agisse de récolte en mer (laminaires par bateau), de récolte à pied sur l’estran ou de culture (en parcs en mer ou en bassins à terre), les techniques sont multiples. Cette polyvalence permet de fournir des matières premières aussi bien pour la laitue de mer que pour le wakamé ou le kombu royal, irriguant les secteurs de la cosmétique, de l’agroalimentaire et des nouveaux matériaux.
Plus d’infos sur https://www.clusteralgues-bretagne.com/
Le programme « Promalg-Health »
Proposer de nouveaux aliments et ingrédients enrichis en protéines à partir de macro-algues cultivées, destinés au secteur de la santé. Voilà les objectifs du programme « Promalg-Health ». Financé par l’Agence Nationale de Recherche (ANR) dans le cadre du programme France 2030, il est co-porté par l’Université de Bretagne Sud (UBS) et l’Université de Bretagne Occidentale (UBO), en partenariat aveca vec le CHU de Brest, l’INRAE, les entreprises France Haliotis et Algue Service (Bord à Bord) ainsi que le centre technique agro-alimentaire Actalia. « Sept laboratoires de recherche y participent, dans les secteurs des biotechnologies, de la nutrition, de la santé, les sciences, de l’algolculture… », explique Audrey Fontaine, du Lego (Laboratoire d’Economie et de Gestion du Grand Ouest).
Le but de Promalg-Health : «’Expérimenter pendant 5 ans, l’intégration de différentes variétés d’algues cultivées en bassin à Plouguerneau dans les recettes élaborées par le Centre hospitalier universitaire de Brest pour ses patients et résidents d’EHPAD. », précise Anne Quéau-Commault, responsable restauration au Chu de de Brest. « Et aussi analyser les bienfaits nutritionnels de la consommation d’algues, le degré d’acceptabilité des consommateurs et les effets sur le santé ».
Le volet « protéinique » des algues est particulièrement important dans le projet. « L’objectif aussi est de lutter contre la dénutrition à l’hôpital, et d’améliorer la prestation restauration. L’aspect plaisir doit rentrer en jeu. Et cela permet de diversifier les sources de protéines », explique la responsable. Tout en travaillant sur l’accessibilité et l’acceptabilité à manger des algues. « On va tester avec les résidents de l’ehpad. On va cuisiner par exemple un gâteau breton aux algues. »
Un programme original et innovant, et qui est, c’est à noter, porté en grande partie par des femmes. En effet, quatre doctorantes, en biotechnologie marine, marketing, marketing social et génie des procédés et bioprocédés y participent également.
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