Alors que la Journée nationale de lutte contre la précarité énergétique se profile (elle aura lieu le 18 novembre), le Gouvernement vient d’annoncer la non reconduction ou la suppression de 3 programmes qui permettent d’accompagner les publics les plus précaires dans leurs projets de rénovation et d’économie d’énergie.
Parmi ces dispositifs, financés par les Certificats d’économie d’énergie, seul le SLIME bénéficie d’un sursis d’un an, et se terminera à la fin de l’année 2027. Piloté par le CLER, il permet aux collectivités de repérer et d’accompagner les ménages les plus précaires pour réduire leurs consommations et améliorer leur confort, à travers le réglage d’appareils, le don d’équipements (mousseurs, ampoules LED, rideaux thermiques isolants, boudins de portes…) ou encore la mobilisation de subventions exceptionnelles pour remplacer des équipements vétustes.
Les deux autres programmes concernés – Toits d’abord de la Fondation pour le logement et Territoires zéro exclusion énergétique de l’association Stop exclusion énergétique – qui accompagnent les personnes les plus modestes dans l’acquisition ou la rénovation de leur logement, se termineront dès le 31 décembre 2026.
Cette décision est sans surprise une très mauvaise nouvelle pour les ménages qui peinent à subvenir à leurs besoins en énergie. En France, 12 millions de personnes sont concernées par la précarité énergétique, c’est-à-dire par la difficulté ou l’incapacité à disposer de l’énergie nécessaire à la satisfaction de leurs besoins élémentaires (chauffage, éclairage, eau chaude, cuisson) dans des conditions normales et à un coût acceptable. Cette situation est exacerbée par des coûts de l’énergie en constante hausse, des bâtiments vieillissants et des conséquences du changement climatique de plus en plus présentes, avec par exemple des vagues de chaleur à répétition en été. Les passoires thermiques, impossibles à chauffer l’hiver, deviennent des bouilloires en périodes de canicule.
En 2025, selon les études du Médiateur national de l’énergie, 36 % des ménages ont eu des difficultés à honorer leurs factures d’énergie ; jamais un tel niveau n’avait été atteint, même lors de la crise énergétique 2022-2023. La précarité énergétique touche davantage les jeunes, les femmes et les personnes qui vivent en milieu rural. Elle est un facteur de mauvaise santé et même de surmortalité lors des épisodes de froid ou de chaleur intense. Elle coûte cher à la société avec un impact non négligeable sur les dépenses liés au soin (prises en charge médicales, arrêts maladie…). Elle pèse aussi sur la balance écologique : 11,5% des émissions de gaz à effet de serre proviennent du chauffage des logements, et notamment des passoires thermiques, dont le chauffage tourne parfois aux énergies fossiles (gaz, fioul)
La loi française prévoit que 100 % du parc des logements se situe en étiquette énergie A ou B à l’horizon 2050, avec différentes échéances, comme l’obligation de rénover dès 2028 les logements classés F destinés à la location. Il faut pour cela donner les moyens de rénover aux publics les plus modestes mais aussi aux propriétaires bailleurs. En 2025, seuls 307 000 dossiers de rénovation énergétique ont été traités par l’ANAH, c’est deux fois moins qu’en 2023, du fait d’une complexité des démarches et d’aides qui ne cessent de diminuer, notamment en ce qui concerne l’isolation des logements.
L’agence locale de l’énergie et du climat du Pays de Morlaix HEOL œuvre pour la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique. Elle offre notamment des conseils neutres et gratuits sur la rénovation thermique, les énergies renouvelables et les économies d’énergie dans le cadre du dispositif France Rénov’. Plus d’infos sur 02 98 15 18 08 et www.heol-energies.org .

