À Carantec, l’association morlaisienne Apav (A pied et à Vélo) a mis à l’essai le « Woodyspace », un vélobus innovant. Durant une après-midi, les bénévoles ont enchainé les rotations sur la chaussée découverte permettant de relier le port à l’île Callot grâce à la force des mollets et à une assistance électrique. Au-delà de son aspect ludique et décarboné, ce véhicule modulable et convivial s’impose comme une solution d’avenir pour répondre aux enjeux de mobilité, de décarbonation et d’accessibilité. Reportage.
Alors que presque toute la France s’apprête à affronter des températures une nouvelle fois caniculaires, l’air est agréable du côté de Carantec, dans la baie de Morlaix. Le ciel est nuageux, un petit vent rafraichit l’atmosphère, le soleil tente quelques percées. Pas de quoi décourager les nombreux randonneurs, à pied à vélo, venus découvrir la petite île Callot. Celle-ci est accessible à marée basse grâce à sa chaussée submersible, désormais interdite aux voitures, sauf aux riverains et aux professionnels. Au milieu du flot de visiteurs, un drôle d’engin en bois et métal, mi-bus mi-vélo, fait son apparition à coups de klaxon. C’est le « Woodyspace ». Loué jusqu’au 18 juin par l’association Apav (À Pied et À Vélo à Morlaix), ce véhicule original est actuellement en phase de test sur le territoire.
« Il pèse 200 kilos et peut embarquer 6 adultesen plus du conducteur ou de la conductice. Il est équipé d’une assistance électrique », explique Guy, bénévole au sein de l’Apav, et qui est le conducteur du jour. Rebaptisé « Koat Bus », le vélobus , quadricycle de 250 watts, va faire cet après-midi des allers-retours entre l’Ile Callot et le Port de Carantec. « Nous avons sollicité plusieurs communes, et Carantec s’est portée volontaire », précise Guy.
En route !
Après les explications techniques, place à la pratique. Il suffit de s’installer sur l’une des six selles disposées par paire, et de la régler à sa taille. On pose les pieds sur les pédales, on s’accroche aux poignées en bois qui font office de guidons, et c’est parti !Un jeu d’enfant ! « C’est surtout le conducteur qui fait l’effort », s’amuse Guy. « Derrière, la force à déployer est minime ».
Notre petit équipage, composé de 3 adultes et un enfant, s’élance en pédalant vers Callot, sur la chaussée découverte. Quelques nids-de-poules, deux dos d’âne et une brèche dans le bitume ne font pas peur au Koat Bus. Guy klaxonne joyeusement et propose aux promeneurs et promeneuses de monter à bord. Certain.ne.s le font bien volontiers, et sont ravi.e.s de tester ce mode de déplacement insolite. Dans la petite côte juste avant d’atteindre l’île, le vélobus ralentit : le moment idéal pour admirer le paysage et la mer retirée.
Nous voilà arrivés. Le véhicule s’arrête en douceur sur un petit parking. L’occasion de faire quelques photos, et d’échanger avec les autres passagers et passagères. Tout le monde semble conquis par l’expérience. Après quelques minutes, nous rebroussons chemin vers le port à la recherche de nouveaux volontaires. Le trajet retour, toujours à la force des mollets, se passe à merveille et le franchissement des obstacles semble encore plus fluide.
Un véhicule inclusif et convivial
Une fois au port, je choisis de refaire le chemin vers Callot à pied afin de filmer et photographier le Koat Bus en action. Le vélobus poursuit ses rotations, embarquant de plus en plus de curieux et curieuses. Guy s’arrête un instant à ma hauteur, tout sourire : « On vient de déposer deux dames jusqu’à l’église de l’île. Elles n’avaient jamais pu s’y rendre avant aujourd’hui ! »
C’est là un autre atout majeur de cet engin : il redonne de la mobilité à celles et ceux qui en manquent. D’autant que le Woodyspace est modulable : on peut y installer un banc à la place des selles et retirer les pédales.
Intergénérationnel, convivial, sans énergie fossile, facile à utiliser…le Koat Bus semble avoir fait ses preuves lors de cette opération de test sur le territoire de Morlaix Communauté. Déjà utilisé par d’autres communes finistériennes comme Pouldreuzic ou Dirinon, le vélobus, fabriqué à Nantes par la société Humbird, peut bénéficier de soutiens financiers de l’Ademe ou du département pour son acquisition, estimée alors à environ 5000 euros. Un investissement raisonnable et pertinent à l’heure où la décarbonation, la mobilité et l’accessibilité des transports sont au cœur des priorités.
Le Koat Bus en vidéo sur l’Ile Callot :
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