Morlaix (29), Nature/Merveilleux – Rencontre et lectures avec la poétesse et éditrice Fabienne Raphoz
Rencontre et lectures avec la poétesse et éditrice Fabienne Raphoz, organisée par Lénaïg Jezequel (Les Déferlantes).
Fabienne Raphoz a co-dirigé pendant de nombreuses années les éditions Corti où elle s’occupe plus particulièrement du domaine poétique français comme étranger. Elle crée en 1998 la collection « Merveilleux » qui comprend une trentaine de titres : collectes de contes populaires, contes littéraires, utopies, textes sacrés, romans contemporains. Elle a publié de nombreux recueils de poésie magnifiques aux éditions Héros limite, nous nous attarderons surtout sur deux d’entre eux.
. Infini présent de Fabienne Raphoz fait écho à Jeux d’oiseaux dans un ciel vide. Une encyclopédie poétique du vivant en a appelé une autre : au monde des oiseaux succède le monde des insectes. L’insecte a imposé au livre sa propre chorégraphie, sa propre syntaxe, chaque poème inventant sa forme, sa circulation. Les insectes deviennent tour à tour ces êtres qui méritent une attention globale ou particulière, car il importe de rendre leur habileté, leur drôlerie, leur grâce, leur étrangeté, leur solitude, leur sociabilité, leur adresse… S’approcher de l’insecte en poète, c’est le reconnaître, l’accueillir, le louer, le pleurer, tenter l’interaction.
On trouvera dans ce livre 73 poèmes classés selon l’ordre des insectes, des Thysanoures aux Mécoptères ; le tout comprenant quelque 300 espèces ou individus cités.
. Avec Ce qui reste de nous, Fabienne Raphoz continue à creuser son sillon tout en se renouvelant. Depuis toujours attentive à la beauté et à la fragilité du vivant qu’elle s’ingénie à rendre dans sa poésie, elle cherche dans ce livre à dépasser la tension de son temps, entre hymne et élégie, tension que l’utilisation de l’espace dans la page vise aussi à traduire. La poète nous convie aussi bien sur le terrain, dehors – où l’émergence d’une libellule, le regard d’un renard nous ravit, invite, comme une rencontre simple et directe –, que dans nos mémoires.
Suivant l’injonction de Marlen Haushofer : « Aussi longtemps qu’il y aura dans la forêt un seul être à aimer, je l’aimerai, et si un jour il n’y en a plus, alors je cesserai de vivre », consciente de ce « sursis d’aurore » qui nous est encore offert, Fabienne Raphoz partage ce « sens de la merveille » que l’on attribue, souvent, aux seuls enfants. Ce livre, conçu en cinq mouvements, s’emploie à retrouver ce lien perdu.
Les Déferlantes-Librairie-Café
9, place de Viarmes, Morlaix, France, 29600
Photo : Fabienne Raphoz, aux côtés de son amie Marielle Macé (historienne en littérature et essayist), invitée en octobre 2025 par Lénaïg Jezequel.

