Allier sport, environnement et solidarité : tel est l’objectif du dispositif Dioren, piloté par le CROS (Comité Régional Olympique et Sportif) de Bretagne. En accompagnant les structures et les événements locaux de manière personnalisée et collective, cette initiative tisse des ponts avec le monde culturel pour partager de bonnes pratiques. Un élan commun pour outiller durablement le sport breton face aux enjeux climatiques et sociaux de demain.
Qu’est ce que le Cros ?
Le Cros est le Comité Régional Olympique et Sportif de Bretagne. « C’est une association loi 1901, un organe déconcentré du Cnos, le Comité National Olympique et Sportif », explique Cévina Pelloin, chargée de mission développement durable et sports de nature au Cros Bretagne. Le comité accompagne le mouvement sportif selon les spécificités de la région. « On fédère 80 ligues et comité régionaux, poursuit Cevina, aussi bien des disciplines olympiques que non-olympiques ». La Bretagne est d’ailleurs la première région de France en termes de licences par habitant.
Le Cros travaille autour de trois axes stratégiques :
- Décloisonner, fédérer et renforcer les coopérations entre les acteurs du sport et celles et ceux qui sont concernés par son développement
- Accompagner les mutations, intégrer les transitions écologiques, soutenir l’évolution des pratiques sportives
- Pérenniser le mouvement sportif, assurer sa durabilité et son impact
« Le Cros fait également partie d’un écosystème très élargi », explique Cévina. « Concernant la transition écologique et sociale, nous travaillons avec le Réseau pour l’Education à l’Environnement en Bretagne (REEB), l’Agence Régionale de Santé (ARS), la Chambre Régionale de l’Economie Sociale et Solidaire (Cress), la Drajes ou encore la Région.. »
Qu’est ce que le dispositif Dioren ?
Dioren (« pour un sport breton responsable et solidaire ») est un dispositif qui a pour but d’accompagner la transition écologique, sociale et solidaire des structures et/ou des événements sportifs en Bretagne.
Il s’articule autour d’une charte à respecter et signer. « Il en existe deux types : l’une pour les événements, et l’autre pour les structures », détaille Cévina.
Concernant les évènements, lorsqu’un organisateur signe la charte, il bénéficie d’un accompagnement individuel d’environ 3 heures. Différents aspects sont alors passés en revue :
- L’environnement : gestion les déchets, de l’énergie et de l’eau, transports, préservation de la biodiversité…
- L’utilité sociale : inclusion, mixité, gouvernance
- Le développement local : intégration de l’événement sur le territoire
« Nous réalisons un état des lieux et une analyse avec l’organisateur, puis nous lui proposons des préconisations, indique Cévina. Nous fournissons également des outils comme des fiches ou des vidéos sur des thèmes précis (gestion de l’eau, installation de toilettes sèches, respect de la biodiversité…) ».
Aujourd’hui, 66 événements bretons sont signataires de la charte, « toutes disciplines confondues et répartis sur toute la région ». « Depuis deux ou trois ans, on note un véritable boom du côté des trails et des courses nature », précise Cévina.
Dioren est aussi un réseau et une dynamique collective. Les structures signataires intègrent cette communauté et participent à des ateliers communs tout au long de l’année sur des thématiques clés : sport sans violence, fair-play, alimentation durable ou gestion de l’eau. Certaines rencontres ont également lieu avec Le Collectif des Festivals, permettant aux acteurs sportifs et culturels de se croiser et de partager leurs bonnes pratiques.
« Si le sport était un peu à la traîne en matière de transition écologique, il est en train de rattraper son retard, notamment en s’inspirant des acteurs culturels, affirme Cévina. D’autant plus que les demandes de subvention vont de plus en plus dans ce sens. L’éco-conditionnalité n’est pas encore obligatoire, mais elle va le devenir », prédit-elle.
Enfin, si le sujet de la biodiversité semble un peu moins en pointe pour le moment, celui des violences sexistes et sexuelles dans le sport prend une ampleur cruciale. « Là encore, des outils se mettent en place et nous nous faisons leur relais sur le territoire », conclut Cévina.

