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 Canaux bretons : des passes à poissons pour la continuité écologique des cours d’eau

Saumons, aloses et anguilles reprennent leurs droits dans les canaux bretons.Initié en 2022, le plan de la Région Bretagne pour restaurer la « continuité écologique » de ses cours d’eau canalisés porte déjà ses fruits. Des « passes à poissons », dont plusieurs spécifiques aux anguilles, leur permettent de franchir des obstacles tels que les barrages. Illustration à l’écluse de Quelennec (56) sur le Blavet.

La Directive Cadre sur l’Eau a introduit dès 2000 la notion de « continuité écologique des cours d’eau ». Mais que veut-dire cette expression ? Selon le Ministère de la Transition Ecologique, C’est « la libre circulation des poissons et du transport sédimentaire ». Divers ouvrages peuvent entraver cette libre circulation dans les cours d’eau : seuil, bief, écluse, buse, barrage…Il convient alors de réaliser des aménagements pour favoriser la circulation des poissons.

C’est le cas en Bretagne, notamment sur les cours d’eau canalisés (Ille et Rance, Blavet, Ouest, Vilaine et Aulne), qui sont gérés et exploitées par la Région. Sur ces six rivières, 37 passes à anguilles et 14 passes multi-espèces vont être installées. Ces ouvrages doivent permettre le passage de poissons migrateurs, comme le saumon, la lamproie, ou l’anguille.

C’est le cas par exemple à l’écluse de Quelennec, sur le Blavet, sur la commune de Languidic (56), où la Région Bretagne et l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne sont venues faire un premier bilan du plan démarré en 2022. Ici a été aménagée « une passe à bassin, et une passe à anguilles associée », explique Jérémie Belliot, ingénieur chargé de la continuité écologique des cours d’eau au service Canaux à la Région. « C’est en fait l’adaptation d’un ouvrage existant. Toutes les passes à poissons sur la partie avale du Blavet datent des années 80-90, et étaient destinées au saumon. Aujourd’hui, on ne se concentre plus seulement sur le saumon, il faut davantage de bassins, pour que les autres espèces puissent passer », précise-t-il. L’alose est par exemple désormais concernée. Ce poisson est un migrateur qui vient se reproduire dans les cours d’eau bretons, notamment le Blavet. Les alevins repartent ensuite dans l’estuaire, puis en mer. Des aloses sont maintenant détectées en amont de sites autrefois infranchissables, grâce aux passes. Idem pour les anguilles, anguillettes et civelles, qui disposent de passes spécifiques, fonctionnant avec un système de tapis.

Des suivis piscicoles ont été menés entre 2023 et 2025, avec l’appui de l’Observatoire des Poissons Migrateurs en Bretagne et des fédérations de pêche d’Ille-et-Vilaine, des Côtes d’Armor et du Morbihan. Grâce à des pièges flottants, des pêches scientifiques à l’électricité, des comptages de frayères et des échantillonnages ADN, on constate que les migrateurs progressent toujours plus en amont, et que la colonisation des anguilles sur les rivières aménagées se développe.

Lancés en 2022 sur la Rance, les travaux d’aménagements de passes à poissons, sont menés par la Région Bretagne, avec un co-financement de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, pour un montant global de 19 millions d’euros. Ils vont se poursuivre jusqu’en 2032. Actuellement, 43 passes sont installées, soit 85% des 51 aménagements prévus. L’une concerne l’Oust, et toutes les autres l’Aulne.

Mais la continuité écologique des cours d’eau bretons ne s’arrête pas seulement aux canaux : 500 obstacles restent à mettre en conformité, essentiellement sur des domaines privés, comme par exemple les moulins. Il reste encore du travail !

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