A Locoal-Mendon, un éco-hameau pour reprendre « demain en main »

« Demain en main », c’est le nom d’un projet collectif porté par des citoyens, basé à Locoal-Mendon (56), dans le hameau de Keruzerh, non loin de la Ria d’Etel. Objectif : « créer un écosystème mêlant activités économiques et habitat », un éco-hameau, lieu de vie et de travail, acteur des transitions écologiques et ouvert sur l’ extérieur.

C’est à Local-Mendon, petite commune du Morbihan située non loin de la Ria d’Etel qu’une aventure collective a choisi de s’enraciner. Le projet « Demain en main » et ses petites mains se sont établis au lieu-dit Keruzerh. Un petit paradis niché dans la verdure où l’on trouve quatre bâtiments, un hangar, un four à pain, dix hectares de terres agricoles et dix hectares de bois et forêts. Objectif : la réalisation d’un écosystème complet de village rural, intégrant habitat et activités économiques. « C’est à la fois un lieu d’habitation, un lieu d’activité, et aussi d’échanges avec l’extérieur », explique Antonin, l’un des habitants.

Le projet a germé fin 2016. Deux frères, Fanch et Julien, souhaitent lancer un projet d’éco-lieu, entre Vannes et Lorient. Ils lancent alors un appel via les réseaux sociaux, afin de constituer un collectif. « Une soixantaine de personnes se sont montrées intéressées, ont participé aux différentes réunions, et un noyau dur de 6 personnes s’est constitué », raconte Antonin. Durant les six premiers mois, le travail a consisté à définir le mode de gouvernance et des valeurs communes. Les recherches sur le lieu ont porté leurs fruits en 2018 : le groupe découvre le hameau de Keruzerh, que souhaite céder Anne-Marie, la propriétaire, qui avait rénové l’endroit durant 20 ans et en avait fait un ensemble de gîtes écologiques. Et c’est depuis début 2021 que Keruzerh appartient à la Scic créée par le collectif.

Aujourd’hui, Anne-Marie a rejoint le petit groupe, intergénérationnel, constitué de neuf personnes, sur trois foyers, tous dans des habitats écologiques. A terme, une vingtaine de personnes habiteront le lieu (qui affiche d’ores et déjà complet!).

Actuellement, Demain en Main, qui appartient au réseau des Oasis, développe plusieurs activités : agricoles (maraîchage bio, élevage de brebis…), habitat, formations (permaculture, sculpture sur bois)…et projette de développer la partie « accueil », avec notamment la création d’une auberge pour 2022.

Plusieurs structures juridiques ont été créés afin de faire vivre le projet : une scic, qui a acquis le lieu, une Scop agricole qui encadre les activités agricoles, une coopérative d’habitants et une association. Comptant « 150 membres en 2019 » d’après Antonin, elle porte les différentes animations organisées sur le lieu, comme « l’opération participative « Jus de pommes », ou encore une séance d’initiation à la taille des fruitiers », précise-t-il. En 2020, une grande campagne de financement participatif a été organisée, permettant de recueillir 240 0000 euros, afin d’alimenter la Scic. « Nous recherchons encore des investisseurs pour prendre des parts dans la société », explique Antonin. S’il n’est plus possible d’habiter à Keruzerh, on peut encore participer au projet d’une façon différente, que ce soit financièrement ou en étant membre de l’association !

https://demainenmain.fr/