A voir sur Kub cet automne

A voir sur Kub cet automne

Dans le cadre de notre partenariat avec KuB, le web média breton de la culture, nous vous proposons une nouvelle sélection à découvrir gratuitement sur leur site internet. Au programme de ce début d’automne : les arbres et la forêt !

Le village qui voulait replanter des arbres de Brigitte chevet

MartignĂ©-Ferchaud est une commune agricole du sud de Rennes. Elle fait partie d’un bassin versant oĂą « l’eau est vraiment de mauvaise qualitĂ© Â», de l’aveu mĂŞme de son maire, Patrick Henry, agriculteur. « Il va falloir vraiment faire des actions fortes pour inverser la tendance. Dès aujourd’hui, il faut planter, il faut amĂ©liorer la qualitĂ© de l’eau Â». Ces propos forts sont extraits du documentaire « Le village qui voulait replanter des arbres Â», rĂ©alisĂ© par Brigitte Chevet, et disponible sur le site de la chaine Public SĂ©nat.

Dans ce film, on suit notamment LĂ©a, « technicienne bocage Â». Son quotidien : replanter des haies, et rebâtir des talus. RĂ©parer les « conneries Â» comme le souligne un agriculteur. Celles qui ont Ă©tĂ© faites pendant le remembrement, il y a 60 ans. Cette grande opĂ©ration organisĂ©e par l’Etat, pour rapprocher les parcelles, au moment du dĂ©veloppement de la mĂ©canisation agricole et de la productivitĂ©, a entrainĂ© la disparition des trois-quarts du bocage français. Ce sont ainsi 360 kilomètres de haies qui ont Ă©tĂ© supprimĂ©s Ă  MartignĂ©-Ferchaud. Les arbre.s, les talus, les haies, Ă©taient alors considĂ©rĂ©s comme inutiles, nuisibles, et le bois avait perdu de sa valeur.

Mais aujourd’hui, on replante. La commune a ainsi dĂ©cidĂ© de protĂ©ger les haies existantes, et d’en crĂ©er d’autres. C’est tout le travail de LĂ©a, qui rencontre les agriculteurs du secteur, pour les inciter et les aider dans ces opĂ©rations. Elle a ainsi contribuĂ© Ă  recrĂ©er 15 km de haies dans le secteur. « On veut juste avoir un bocage qui soit fonctionnel, qu’on retrouve une continuitĂ© et une densitĂ© suffisante. Il faut qu’on arrive Ă  entretenir celui qu’on a Â», confie-t-elle dans le documentaire.

Brigitte Chevet, dans son documentaire, montre bien les bienfaits du retour Ă  la haie : mieux pour la biodiversitĂ©, la retenue de l’eau, la qualitĂ© de celle-ci, l’abri du bĂ©tail par fortes chaleur…Les agriculteurs le comprennent mieux aujourd’hui, mĂŞme si les questions de l’entretien, des normes environnementales et du coĂ»t restent prĂ©gnantes, et sont revenues sur le devant de la scène lors des rĂ©centes manifestations agricoles. Mais certains viennent dĂ©sormais spontanĂ©ment voir la technicienne, pour qui « L’arbre est un couteau suisse. Replanter des couteaux suisses, c’est valorisant ! Â».

A voir ici : https://kubweb.media/page/documentaire-village-voulait-replanter-arbres-brigitte-chevet/

Cultiver la forêt de Jérémy Houadec

Dans ce documentaire, on suit LĂ©a, une jeune bretonne qui a  acquis depuis 2020 vingt hectares d’ensemble forestier Ă  Bourg-Des-Comptes, au sud de Rennes, en Ille-Et-Vilaine. Paysagiste de formation, elle est devenue propriĂ©taire de ces diffĂ©rentes parcelles boisĂ©es qu’elle dĂ©finit comme un ensemble « Trop petit pour un gestionnaire forestier, trop grand pour un particulier pour en faire un terrain de loisirs, trop fragmentĂ© pour quelqu’un qui pratique la chasse Â». Mais parfait pour son projet : cultiver les arbres, pratiquer de la sylviculture raisonnĂ©es et consciente. LĂ©a rĂ©flĂ©chit Ă  son exploitation forestière sur le temps long. Son lien Ă  la forĂŞt ? « Ca a commencĂ© en rĂ©alitĂ© avec l’utilisation de la tronçonneuse. C’est comme un sport de combat pour moi Â», explique-t-elle. « Je sentais que ça me permettait de lâcher beaucoup de choses. Ça collait Ă  mon Ă©nergie, et Ă  mon envie de donner du sens Ă  ce que je fais Â».

Cette aventure au pays des arbres, LĂ©a l’a voulue aussi collective. Celle qui est passĂ©e par la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes organise des chantiers collectifs et des temps de partage d’expĂ©riences. « Donner accès Ă  l’autonomisation, notamment en tant que femme, la transmission de la pratique du bĂ»cheronnage Ă  tous, Ă  toutes, c’est important pour moi Â», affirme-t-elle.

« La forĂŞt Â», nous dit LĂ©a « Elle est venue comme une rĂ©ponse Ă  cette envie d’être moi-mĂŞme actrice du paysage qui s’écrit. C’est aussi un refus de la façon dont les paysages sont composĂ©s aujourd’hui, de la manière dont on les artificialise Â». Elle s’attache ainsi Ă  transmettre aux enfants qu’elle accueille sur ses parcelles sa passion pour la culture des arbres et la forĂŞt.

Très vite, LĂ©a est aussi rejointe par Boris dans son aventure. Charpentier de mĂ©tier, il permet de faire la jonction entre le projet de LĂ©a et l’utilisation des bois de la parcelle. Encore une manière pour la jeune femme de faire « ensemble Â».

Jérémy Houadec nous propose avec son film un focus sur un projet comme on aimerait en voir plus dans la Région. Léa nous épate par son dynamisme et son sens du collectif. Un documentaire inspirant qui traite à la fois de l’importance des arbres, de leur exploitation raisonnée et paysanne, et de la place des femmes dans le milieu forestier encore très masculin.

A voir ici : https://kubweb.media/page/documentaire-cultiver-foret-jeremy-houadec/

Marie-Emmanuelle Grignon