1

Trégor : un cycle de rencontres autour du réemploi dans la construction et le paysage

Le collectif « Frugalité heureuse et créative » du Trégor propose, de mai 2023 à avril 2024, un cycle de rencontres autour du réemploi dans la construction et le paysage. Objectif : sensibiliser le grand public et les professionnels à l’utilisation du réemploi dans ces domaines. La première rencontre aura lieu du 24 mai à 20 juin, avec au programme la projection d’un documentaire, une exposition, un temps de formation et une conférence.

« Développer des établissements humains frugaux en énergie, en matière et en technicité, créatifs et heureux pour la terre et l’ensemble de ses habitants, humains et non humains ». Voilà le message délivré par le Manifeste pour une Frugalité heureuse et créative, lancé le 18 janvier 2018 par Dominique Gauzin-Mûller, architecte-chercheur, Alain Bornarel, ingénieur, et Philippe Madec, architecte et urbaniste. En réponse à cet appel, un mouvement s’est lancé avec une association nationale, et des groupes locaux ont été créés. C’est le cas en Bretagne, avec notamment la création en 2022 d’un collectif sur le Trégor.

Celui-ci lance un cycle sur le « réemploi dans la construction et le paysage », de mai 2023 à avril 2024. Objectif : « Sensibiliser le grand public au réemploi, permettre aux professionnels et acteurs de la construction (communes, bailleurs) de gagner en compétences sur le sujet, encourager la construction d’un réseau local et une évolution des pratiques. Il s’agit de montrer que le réemploi est « faisable » et propose des réalisations de « qualité », tant dans le bâtiment, qu’au jardin ou dans les espaces publics.  », précise le groupe dans un communiqué.

Le cycle se compose de 4 rencontres. Certaines sont destinées au grand public, d’autres traitent d’aspects plus techniques et sont plutôt dédiées aux professionnel.le.s de la construction.

La rencontre numéro 1, baptisée « introduction sur le réemploi dans la construction », est en quelque sorte le « temps fort » du cycle. Elle se déroule sur plusieurs semaines, du 24 mai au 20 juin 2023.

 

Au programme de cette rencontre d’ouverture :

 

  • Le mercredi 24 mai à 20h : Projection du film « Hacer Mucho Con Poco » (« faire beaucoup avec peu »), au Café Théodore à Trédrez-Locquémeau, avec les associations Tohu Bohu et 20 000 docs sur la Terre.Le documentaire évoque l’architecture en Amérique Latine, où le contexte de crise permanente oblige à se réinventer et à innover avec les ressources locales.

    La projection sera suivie d’un temps d’échange.

  • Le jeudi 8 juin de 17h à 19h : Formation « Construire avec les matériaux de réemploi », par Mathilde Billet, architecte de formation, qui a travaillé 7 ans au sein de l’association Bellastock comme assistante à maîtrise d’ouvrage (A.M.O.) sur des projets de réemploi des matériaux de construction.Formation se déroulant à la Salle de Conférence de l’Espace Sainte-Anne à Lannion, et destinée au public professionnel et aux personnes intéressées. Sur inscription.
  • Le jeudi 8 juin à 20h30 : Conférence « Le réemploi : travailler avec la contrainte », par Catherine Rannou architecte, artiste, Professeure en école d’architecture et chercheuse au laboratoire CRH-LAVUE. La modération sera effectuée par Christophe Gauffent, directeur du CAUE 22. 

    Conférence tout public, sur inscription

     

  • Du 6 au 20 juin : Exposition « Matière grise ». Julien Choppin et Nicola Delon de l’agence d’architecture généraliste Encore Heureux ont monté en 2014 cette exposition qui propose de « penser plus pour consommer moins ». Pour eux « les architectes ne peuvent se dérober à la responsabilité du monde qui advient et donc à la nécessité d’imaginer ce qui, demain, doit exister ».Visible dans la Salle d’Animation de l’Espace Sainte-Anne à Lannion.

    Tout public, entrée libre.

    Pour en savoir plus sur l’exposition, notre article : http://www.eco-bretons.info/morlaix-lexposition-matiere-grise-a-la-manu-reflexion-collective-et-reemploi-dans-larchitecture/

 

Les rencontres suivantes mettront à l’honneur le partage de pratiques en terme de réemploi sur les chantiers, le cadre réglementaire du réemploi, et le réemploi dans le paysage.

 

 

Plus d’infos :

https://frugalite.org/2023/04/24-05-2023-au-20-06-2023-a-lannion-22-demarrage-du-cycle-reemploi-dans-la-construction-et-le-paysage/




Avec Zezette, Mélanie créé des culottes récup’ et rigolotes

A Langoat, entre Guingamp et Lannion, Mélanie Quélen fabrique chez elle dans son atelier des culottes rigolotes, dont une gamme menstruelle. Toutes sont réalisés à base de tissu de récup, elle mettent à l’honneur les motifs et les couleurs, et pour certaines sont brodées de citations originales. Pour faire connaître son travail et briser le tabou autour des règles, la « couturière-chiffonnière » souhaite sillonner les bistrots bretons, afin de provoquer les échanges et les rencontres.

Rayées, à fleurs, au décor vintage, ou encore brodées…les culottes de Zezette mettent la couleur et les motifs à l’honneur, et ne passent pas inaperçues ! De même que les culottes menstruelles, baptisées « la dernière goutte », que Mélanie Quélen fabrique aussi. C’est dans sa maison avec une vue magnifique sur la campagne, nichée au bord du Jaudy, à Langoat, qu’elle a installée son atelier de couture. Une aventure qui a démarrée après une première carrière professionnelle dans la restauration collective, au sein d’un lycée agricole. Elle décide de changer de vie, et suit l’année dernière une formation en tapisserie, couture et décor à Tréguier. « Mais depuis toute petite, j’aime les tissus. Je les utilisais déjà en tant que doudou », précise la pétillante jeune femme. Elle obtient son CAP de couturière, effectue un stage dans une mercerie de Perros, et commence à confectionner artisanalement des culottes. « Il y avait du tissu absorbant, utilisé notamment pour les alèses des lits à l’hôpital, qui était en stock dans la mercerie et qui ne partait pas. J’ai alors essayé de fabriquer des culottes menstruelles avec. J’ai fait des tests avec un groupe de cinquante copines ». L’essai s’est avéré concluant, et Mélanie a pu créer son entreprise, Zezette, en hommage au fameux personnage du film « Le Père Noël est une ordure ».

Pour ses culottes menstruelles, Mélanie, qui se définit comme « couturière-chiffonnière un peu punk », utilise du tissu qu’elle récupère en brocante, chez Emmaüs, en déchetterie, ou qu’on lui donne. « Ils ont tous une histoire ». Par exemple grâce à des draps anciens à fleurs, elle fabrique des culottes bouffantes, colorées, adaptées à tous les flux. De quoi changer des traditionnelles culottes menstruelles noires ! Une manière pour Mélanie de dédramatiser le sujet des règles, encore bien souvent tabou. Pour en parler, elle souhaite d’ailleurs sillonner les bistrots sur tout le territoire breton. C’est ainsi qu’elle a réalisé sa toute première exposition-vente le 2 avril au bar « Chez Mémé » à Saint-Eloi (22), accompagnée d’un petit d’échange sur le sujet. « Les bars, ce sont des lieux d’échange où il y a du passage, c’est idéal pour en parler de façon moins formelle », déclare Mélanie, par ailleurs très sensible à la précarité menstruelle et à la réduction des déchets. Hormis le troquet de Saint-Eloi, on peut aussi trouver les culottes de Mélanie, chez Madame Monsieur Bonjour, un salon de thé-restaurant-concept store atypique du centre ville de Morlaix. Sinon, on peut également la contacter pour de la vente directe, en attendant de la retrouver au gré de ses futures escales dans les bars bretons !

 

Contact et infos : zezetttttte@gmail.com

A noter que Mélanie propose aussi des « culottes d’apprentissage » pour les plus petit.e.s.




Biskèle, un atelier mobile pour la réparation des vélos dans le Trégor

Permettre à toutes et tous de faire réparer son vélo, c’est ce qui anime Thibaut Brier et son atelier itinérant Biskèle. Au guidon de son vélo-atelier, il parcourt les routes dans un rayon de 15 kilomètres autour de Lannion pour aller au plus près des habitant.e.s, dans une démarche engagée.

« Prod’acteur ». C’est ainsi que se définit Thibaut Brier, qui a lancé son activité d’atelier de réparation itinérant de vélo sur le secteur de Lannion. Le fruit d’un cheminement de vie et d’un virage dans sa carrière professionnelle. Originaire de la Sarthe, il débarque en 2011 dans la capitale du Trégor, pour étudier à l’Enssat, une école d’informatique. « Après mon diplôme, je suis devenu développeur », explique-t-il. Après une expérience en région parisienne, il revient à Lannion. C’est là, en 2015, qu’il réfléchit à sa situation. « J’ai eu une prise de conscience. Je voulais réorienter mon métier pour qu’il ait davantage d’impact positif sur la collectivité ». En 2016, il choisit de faire de son vélo son véhicule principal. « Et deux ans plus tard, j’ai voulu fabriquer moi-même un vélo-tandem ». De fil en aiguille, Thibaut rencontre sur Guingamp un loueur-réparateur de vélo, qui l’embauche. Là, il constate que pour certaines personnes, il est logistiquement et techniquement compliqué d’amener sa bicyclette à réparer : souci physique, pas de voiture…. Sans oublier le coût qui peut être difficilement accessible. Thibaut réfléchit alors, en 2019, à la création de son activité de réparation, mais qui serait itinérante.

C’est ainsi que son atelier, baptisé « Biskèle », naît, et intègre la Coopérative d’Activité et d’Emploi (CAE) Avant-Première. « C’est un système qui me correspond bien », souligne Thibaut, qui est donc « entrepreneur-salarié » au sein de la coopérative. « Je ne voulais pas être auto-entrepreneur, et je voulais aussi être salarié. Travailler dans une forme d’entreprise différente de ce qu’on connait habituellement, où il y a une vraie démocratie, ça me tenait à cœur ».

Avec son « vélo-atelier » qu’il a fabriqué à partir de cadres de récupération, le jeune homme intervient ainsi depuis septembre dernier dans un rayon de quinze kilomètres autour de Lannion, par exemple sur les communes de Ploumanach, Saint-Michel-en-Grève, Ploubezre, mais aussi Tonquedec, Cavan, Quenperven…au domicile, ou sur le lieu de travail. On pourra aussi retrouver l’atelier sur des marchés, comme celui de Lannion ou de Trébeurden, à partir de début mai. Et sur le technopôle de Lannion.

Toujours dans la démarche d’être accessible à un maximum de personnes, Thibaut, qui a fait le choix de ne travailler qu’avec des pièces neuves fabriquées dans l’Union Européenne, propose des « prix en conscience ». Un « prix plancher » est définit, lui permettant de ne pas fonctionner à perte. Libre ensuite au client de payer plus. Des « montants conventionnels » (ce que couterait la réparation dans un magasin classique) et « montant de soutien » sont également mentionnés sur l’ordre de réparation, afin que tout soit transparent et que le client soit aiguillé.

Des propositions adaptées aux entreprises sont également proposées, ainsi que la possibilité de participer à des ateliers d’initiation à la révision et réparation. De quoi laisser de plus en plus sa voiture au garage, enfourcher sans stress son biclou, et parcourir en pédalant les routes du Trégor pour aller travailler ou pour profiter de la magnifique côte de Granit Rose !

 

Plus d’infos

https://www.biskele.bzh/




A Callac (22), D2, « La maison pour tous et la maison vers tous »

(Plume citoyenne) A la suite de la deuxième Edition de son Forum des coopérations, le Réseau Cohérence publie en partenariat avec Eco-bretons une série d’articles sur l’engagement. Chaque article présente une initiative inspirante en Bretagne avec un focus sur sa manière d’accompagner l’engagement dans les transitions : comment sortir de l’entre-soi ; comment toucher de nouvelles personnes ou comment se relier à d’autres initiatives et coopérer ? Des enjeux auxquels nous tentons de répondre au travers de ce dossier. Nous finissons notre tour des initiatives avec une association, D2 (pour « Dynamique et développement »), développement de l’animation de la vie sociale en milieu rural sur le bassin de vie de Callac, dans le sud-ouest des Côtes d’Armor. Pour comprendre comment cette initiative fait pour mettre en place des actions qui répondent aux besoins des habitant-es, nous avons interviewé Sylvie Montaland, salariée de l’association.

 

Peux-tu nous présenter l’association ?

Sylvie : Je résume généralement l’association par une phrase simple qui est « la maison pour tous et la maison vers tous », qui peut résumer autant l’association que le local qui est un point d’ancrage de nos activités et qui est situé sur l’espace Kan an Dour, à Callac. C’est un espace ouvert à tou-tes : cet aire constitué d’un étang, avec des halles et des tables de pique-nique. C’est là que se trouve notre local, ouvert également à tou-tes et c’est le cœur de notre posture : ici nous accueillons tout le monde, quelque soit son âge, son genre, sa religion… c’est un espace où tout le monde va pouvoir trouver sa place et c’est ça qui permet une réelle mixité sociale et à faire ensemble. Nous avons une action qui rayonne sur le bassin de vie de Callac, soit 15 communes.

 

Comment est née cette initiative ?

Sylvie : On a fait un diagnostic sur le territoire pendant plus d’un an, en rencontrant les habitant-es, les élu-es, structures et institutions qui agissent sur le territoire. Suite à ces nombreux échanges nous avons organisé un temps de restitution à Kan an Dour dans l’idée de présenter et de construire la suite ensemble, avec les personnes présentes : qu’est-ce que l’on fait à partir de tout ça ? Quels sont les besoins et freins identifiés, quelles sont les forces vives ? A partir de là trois axes ont été définis : 1/ Créer une maison pour tous et maison vers tous, un lieu du faire ensemble ; 2/ la question de l’accès au services ; 3/ La valorisation du territoire : il y a plein de gens ici avec des envies, des compétences. Comment est-ce qu’on met ça en valeur, on met du positif sur le territoire et on valorise ce qu’il s’y passe (et il se passe plein de choses ici!) et ses habitant-es. On s’appuie toujours sur ce qu’il existe déjà et on oriente, car nous n’avons pas pour mission de répondre directement aux besoins.

 

En juin 2021 l’association organise un théâtre-forum animé par la troupe « Si les sardines avaient des ailes ». Cet atelier a permis de faire ressortir les atouts et fragilités du territoire avec plus de 80 acteurs présents à l’événement.

Comment est-ce que vos activités font que des personnes s’engagent ?

Sylvie : Nous sommes au cœur de la question de la rencontre, du faire ensemble et du vivre ensemble : on dynamise le territoire avec ses forces vives, nous n’inventons rien en partant de ce qui existe déjà et en étant facilitatrices et facilitateurs de démarches. Comme par exemple dans la logistique d’un projet, premièrement on fournit un lieu où les gens se rencontrent et peuvent construire ensemble des projets et on aide également à amener ce qui est nécessaire à sa réalisation. Tout cela n’existe que s’il y a une relation de confiance, et c’est notre posture vis-à-vis de l’accueil qui permet cela, en accueillant tout le monde de façon inconditionnelle et en partant des besoins, on peut être sûr que chacun-e trouve sa place, quelque soient les différences. Nous avons le projet d’avoir une « maison vers tous » et de trouver des fonds pour acheter une « tiny house »1 et développer notre activité sur d’autres communes alentour afin d’accueillir dans un espace mobile et neutre, ouvert à tou-tes.

Cet espace où l’activité de l’association se passe est très important : il y a beaucoup de circulation autour, c’est un lieu de passage pour des personnes qui se baladent autour de l’étang, avec des familles qui emmènent leurs enfants jouer au City Park, plein de gens viennent se balader ici même des personnes qui habitent au-delà de Callac. Et le local que l’on utilise a une histoire : ça a été une classe dans laquelle des gens ont été scolarisés, le local des chasseurs, un bar lorsqu’il y avait encore la foire aux veaux. Donc c’est un lieu avec une histoire multiple et ça reste un lieu neutre.

Nous avons construit le programme des activités de l’été dernier avec tout le monde, afin d’avoir des propositions qui correspondent à un maximum de monde. Une fois que les besoins ont été exprimés on a rendu tout cela possible avec les habitant-es. Par exemple il y a avait l’envie de faire une sortie dans un parc de loisirs en Bretagne, c’est assez conséquent en terme de budget du coup certaines personnes ont proposé de faire des ventes de gâteaux et de crêtes. Nous avons acheté une caravane que les gens ont repeint et aménagé, elle a été ouverte tous les mercredis de l’été pour vendre de la nourriture. Cette caravane a du coup servi à d’autres événements où nous avons été invités sur le bassin de vie comme pour le marché à Carnoët, il y avait des spectacles et animations proposés par l’association Nature de Belle-Île-en-Terre ou des animations à Bullat et les habitant-es ont proposé la caravane pour faire le goûter.

 

Réception de la caravane en juin 2022 qui sera ensuite repeinte et aménagée  par les habitant-es avant d’être utilisée sur diverses activités au cours de l’été

 

Comment est-ce que vous permettez à tout le monde de participer à la coordination ?

Sylvie : Nous avons différentes commissions et un Conseil d’Administration (CA) composé de 15 personnes de 16 ans à 77 ans de tout le territoire, ce CA est donc assez représentatif de la mixité de public du territoire. Certaines Commissions sont plus permanentes que d’autres comme la Commission famille ou la commission gouvernance. Mais la plupart des Commissions ne sont pas fixes, elles se créent en fonction des besoins puis portées par le CA et les habitant-es : nous avons récemment créer une Commission travaux, le temps de la rénovation de notre local. Nous faisons une invitation des habitant-es à y participer et une fois que des projets / envies / besoins sont annoncés on réfléchit ensemble à comment est-ce que c’est possible ? On voit que lorsqu’on laisse la place aux gens ils ont plein de compétences et d’envies… Ça structure et en même temps ça reste ouvert entre celles et ceux qui proposent, portent et profitent. Les Commissions servent à structurer l’action et les 3 salariées sont animatrices et animent ces temps-là.

CA de l’Association Décembre 2022

 

 

Comment est-ce que vous faites tâches d’huile ? Comment est-ce que vous vous agrandissez, vous touchez plus de monde… ?

Sylvie : Le fait qu’on soit ouvert-es à tou-tes avec de l’accueil inconditionnel est pour moi le facteur de réussite. Ce n’est pas un espace d’entre soi et identifié comme réservé à tel type de public. C’est un espace de bienveillance, plein de personnes différentes se retrouvent sur un objectif commun et donc ça va de soit qu’il faut faire des compromis pour s’entendre. Dans les espaces privés ces personnes peuvent avoir des positions différentes mais elles se rencontrent dans un espace de dialogue bienveillant où chacun-e peut s’exprimer et éventuellement remettre en question son avis, c’est inhérent au fonctionnement de ce groupe. Nous permettons ça avec cette posture d’accueil inconditionnel. Ça fabrique le respect et l’écoute de l’autre et de la différence. Nous avons beaucoup de retours et d’expressions sur le fait qu’à D2 on se sent, on est écouté et entendu, ce fonctionnement possible le fait que chacun-e puisse s’exprimer et qu’on considère sa parole, d’où il viennent, d’où qu’il soit.

 

Rendez-vous est donné tous les samedis matins de 10h30 à 12h30 pour partager un moment et faire ensemble au gré des envies

 

 

Peux-tu nous illustrer cela en exemple de projets que vous avez portés les plus inspirants ?

Sylvie : Tout d’abord il y a le nombre de personnes et la mixité du public qui se retrouvent le samedi matin. Tous les samedis matins de 10h30 à 12h30 le local est ouvert et comme pour le reste plein de personnes différentes s’y retrouvent. Mais ce qu’il s’y passe ça dépend de qui est là. Par exemple au moment de l’été on a passé 4 séances à peindre la caravane mais il y a aussi des gens qui passent prendre un café et d’autres qui construisent le mobilier palettes. Il va y avoir des chantiers collectifs et participatifs pour les travaux. Les samedis matins vont sans doutent être mobilisés pour la préparation du carnaval début 2023.

Ça nous ait arrivé de proposer un barbecue et qu’en fait on a une cinquantaine de personnes sans s’y attendre et du coup on se rend compte que le fait qu’on ait prévu pour 30 ou 100 ne change rien car les habitant-es s’organisent (s’il manque des tables, dix minutes après des tables débarquent). Quand on a voulu monter le mobilier en palette, nous n’avions pas forcément le matériel et tout a été ramené par les habitant-es (le matériel, les outils…) et ce sont eux qui ont décidé des plans. Nous avons juste ouvert la porte du local et offert le café. Ce n’était pas une proposition sortie de nulle part donc ils se sont auto-organisés pour le faire et s’il y a des besoins on achète pour compléter si c’est nécessaire. Par exemple je suis allée chercher les premières palettes puis tout le monde s’est mis à en récupérer au final il y en avait presque trop. On est plutôt débordées par l’énergie des habitants que par le manque de personnes, on a passé notre été à courir derrière eux pour les suivre dans la course joyeuse des activités tout l’été dernier.

La prochaine grande activité prévue c’est le Carnaval intercommunal qui est une proposition des habitant-es. Nous sommes dans la préparation de cet événement qui concerne tout le bassin de vie et embarque dans son élan plein de structures, c’est prévu le dimanche 2 avril.

A ce jour, l’ensemble des communes participe à ce projet, certaines ce sont regroupées pour mutualiser leurs énergies. Des groupes se sont constitués et se retrouve le mercredi ou le samedi dans souvent dans un hangar prêté par un habitant, un ancien garage… C’est une dynamique fantastique, parents, enfants, grands-parents, personnes isolées s’active pour construire ensemble un char, des costumes.

« Dimanche 2 avril 2023, une pesée du carnaval sera faite sur la balance de Kan an Dour, avec un concours pour deviner son poids, sur le modèle de pesée de la bourriche.

Un concours décalé des chars offrira l’opportunité aux vainqueurs de remporter le prix du carnaval, un totem en bois ou en métal qui sera remis en jeu chaque année. Pinata géante, jongleurs, flashmob, reportage photo, scène ouverte, restauration… Les idées ne manquent pas pour faire de cette journée du 2 avril un grand moment festif » 

 

 

 

 

1Littéralement « minuscule maison » ou « micro-maison » : petite maison en bois sur remorque, donc déplaçable.

Elles sont conçues de manière à être autonome et permettre un mode de vie écologique tout en étant très fonctionnelle avec toutes les commodités de base.




En plein cœur des Côtes d’Armor, ils ont créé leur ferme lombricole

Dans le Mené, secteur vallonné à 30 minutes au sud de Saint-Brieuc, se trouve une ferme pas tout à fait comme les autres…Baptisée Organic Worms, elle produit du lombricompost grâce aux…centaine de milliers de vers de terre élevés par Anaïs et Romain. Rencontre.

Buzuk, buc, beghin…en Bretagne, il y a plusieurs façon de nommer le ver de terre, ou lombric. En France, on estime qu’il y a au moins 130 espèces de vers de terre ! Tous les jardiniers connaissent bien le Lumbricus Terrestris, ou lombric commun, celui qu’on retrouve le plus souvent dans nos sols. Long, il a un corps mou et strié, constitué d’anneaux, et il appartient à la famille des annélides.

Sous leur apparence peu attirante, les vers de terre sont pourtant essentiels. Les endogés par exemple, qui peuvent être de grande taille, creusent des galeries dans le sol. Ce sont des « laboureurs », il aèrent la terre et permettent ainsi à l’eau de mieux s’infiltrer. Les épigés, quant à eux, sont de plus petites tailles et vivent plus près de la surface ou dans la matière organique en décomposition (par exemple le compost). Ils créent de l’humus

Ce sont eux qu’élèvent Anaïs et Romain dans leur ferme lombricole, en plein cœur du Mené. « 300 000 têtes, c’est le plus grand élevage des Côtes d’Armor ! », sourit la jeune femme. Grâce à ces petites bêtes, le couple récolte tous les mois du lombricompost, résultat de la digestion de fumier par les vers. « Composé de millions de crottes de vers de terre, il est très riche en micro-organismes et peut s’utiliser en tant qu’engrais au pied des plantes », détaille Anaïs. Organic Worms, nom de l’entreprise, fait partie de la soixantaine de professionnels de ce type en France. Une activité encore peu commune !

L’aventure au pays des « beghins » a démarrée il y a quelques années « Romain avait découvert, lorsqu’il était étudiant en bac+3 dans le domaine du recyclage, le lombricompostage  lors d’un stage», raconte Anaïs. « Il a trouvé ça génial ! Mais on avait 20 ans, c’était un peu compliqué de se lancer. » Alors après quelques années passées dans l’industrie, notamment pharmaceutique, le couple choisit de changer de direction et de se lancer dans la lombriculture, il y a presque 5 ans. «A l’époque, je cogitais vis à vis de mon métier, notamment sur la question des déchets », se remémore Anaïs. Leur activité en compagnie des vers de terre permet à Anaïs et Romain de mettre désormais en cohérence leurs valeurs et leur vie professionnelle. « On travaille dans une démarche qu’on veut écologique : on propose par exemple des lombricomposteurs en bois, qui à la base était destiné à être détruit. Ils sont construits par les travailleurs de l’Esat de Plémet », précise Anaïs. « On fait également de l’upcycling : on utilise des sacs de malts et des sacs de farines qu’on récupère. Et on vend aussi en vrac. On fait comme nos vers, on transforme des déchets et on les réduit! ». La dimension locale est également importante pour les deux jeunes lombriculteurs : le fumier dont se nourrissent les vers vient des fermes voisines, certains restaurateurs du coin donnent leurs déchets organiques pour qu’ils soient compostés, et les fertilisants liquides et lombricomposts sont vendus dans des commerces essentiellement situés dans les Côtes-d’Armor. On peut aussi venir acheter directement sur place. L’occasion pour Anaïs et Romain de présenter leur cheptel de vers et les trois serres de leur exploitation, et peut-être donner envie à d’autres de se lancer dans cette voie !

 

Plus d’infos

https://www.organicworms.fr/




Des granulés pour le chauffage et des litières à base de végétaux délaissés à Hénon (22)

Des granulés de chauffage et de la litière pour les chats à base de fauches de landes et de paille de colza, c’est ce que propose Eizhy, entreprise basée à Hénon. Elle veut ainsi « valoriser les végétaux délaissés » en leur offrant une nouvelle vie, et en travaillant localement avec les réserves naturelles bretonnes et les agriculteur.trice.s du territoire.

Créée il y a un peu plus de deux ans, Eizhy (contraction de Easy et Breizh) est une petite entreprise basée à Hénon, dans les Côtes d’Armor, non loin de Lamballe. A l’origine du concept, Tiphaine et François, un frère et une sœur, qui ont découvert en Angleterre, du côté de Bristol, l’existence de bûches compressées pour le chauffage réalisées à base de…fougères. « Nous avions envie de reproduire l’idée en Bretagne, de faire quelque chose à notre échelle, de transformer une ressource naturelle et locale», explique Tiphaine.

Eizhy valorise ainsi les « végétaux délaissés », par exemple les fauches de landes. « On travaille avec des réserves naturelles, qui doivent faucher régulièrement les espaces afin d’y ramener de la biodiversité », précise l’entrepreneuse. Ce qui était auparavant envoyé en déchetterie est ainsi transformé en granulés pour le chauffage. « Nous sommes les seuls à le faire actuellement en France », souligne Tiphaine, qui travaille avec les réserves du Marais Noir de Saint-Coulban (35), du Cap d’Erquy (22), de Stang Prat Ar Mel à Lescouët-Goarec (22) et Ploumanach (22).

Au cours du processus de développement, Eizhy découvre également la possibilité de fabriquer de la litière pour les chats. Un véritable souci en terme de déchets car celles-ci représentent 3,5% du volume des ordures ménagères ! L’entreprise a donc mis au point une litière compostable, composée uniquement de matière végétale. « Elle est fabriquée à base de lande, c’est-à-dire de fougères, de graminées… », détaille Tiphaine. « Et nous proposons une deuxième litière, à odeur neutre, à base de paille de colza que nous collectons auprès d’agriculteurs du territoire». Les deux gammes sont disponibles dans des points de vente locaux, également dans des petits boutiques à Paris, Tarbes, Toulouse….mais aussi sur internet, et en vrac.

Concernant les granulés de chauffage, Eizhy est « encore en test grandeur nature ». Vendus depuis l’automne 2022, on peut seulement les acheter directement à l’usine d’Hénon. Mais Tiphaine et son frère sont actuellement en pleine réflexion sur le développement de « bûches compressées ». En attendant, Eizhy travaille sur son réseau de distribution, et espère pouvoir essaimer son concept et créer de petites unités de production « ailleurs en France ».

 

 

Plus d’infos

https://www.eizhy.fr/