Les berniques à portée de clic, grâce à l’application « Bernic&clic »

Dans le cadre de notre série estivale de « repassage », nous publions à nouveau cet article.

Envie de découvrir la biodiversité du bord de mer grâce à votre téléphone ? C’est possible désormais avec l’application « Bernic&Clic », créé par le Reeb (Réseau d’Education à l’Environnement en Bretagne). Elle permet de reconnaître, grâce à des questions-réponses, 130 espèces végétales et animales, présentes sur les littoraux de Bretagne.

Depuis maintenant 30 ans, le REEB (Réseau d’Education à l’Environnement en Bretagne) œuvre à défendre et développer l’éducation à l’environnement dans la région. Il fédère des associations, des collectivités, des auto-entrepreneurs, des établissements scolaires, et des individuels : animateurs, enseignants, professionnels de l’environnement…

En 2019, certains de ses membres, passionnés par l’éducation à la mer, ont créé un groupe de travail pour développer un projet d’application autour de la biodiversité marine. Ainsi est née « Bernic& Clic », dont l’objectif est d’« Inviter le public à partir à la rencontre de nombreuses espèces animales et végétales, présentes sur les littoraux de Bretagne, à apprendre à les reconnaître et à découvrir des anecdotes sur la biodiversité qui nous entoure », selon le Reeb.

Bernic&Clic est une application qui s’adresse à tout public, et qui permet de reconnaître et observer 130 espèces du bord de mer, sur les estrans (zones de balancement par les marées). Gratuite, elle peut être utilisée hors ligne une fois qu’elle est téléchargée, grâce à la technologie PWA. Son fonctionnement est simple : lorsqu’on se trouve en présence d’une espèce que l’on veut identifier, il suffit de répondre à quelques questions sur son aspect pour se voir proposer une voire plusieurs réponses, permettant alors de déterminer précisément quel est le coquillage, crustacé, poisson,algue… qui est observée.e. On peut apprendre également de nombreuses anecdotes sur l’espèce : lieux de vie, mode de reproduction, photos, et même le bruit qu’émettent d’entre elles.

Un système de récompense incite également l’utilisateur à progresser dans ses observations.

Pour le projet Bernic&Clic, le Reeb s’est entouré d’autres acteurs spécialisés dans la protection de la biodiversité marine, comme par exemple l’association Viv’Armor Nature ou les entreprises individuelles Esprit Nat’ure et Litt’Obs. L’application a vu le jour grâce au soutien financier de l’Europe via le dispositif Feamp, le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, la Région Bretagne, Saint-Brieuc Larmor Agglomération et Lamballe Terre et Mer.

On peut d’ores et déjà télécharger l’application sur le site https://bernic.bzh/




La tourbière et les landes

Située dans les Monts d’Arrée dans la commune de Brennilis, sur les bords du lac Saint Michel, la réserve naturelle du Vénec est constituée en grande partie de forêts, de bocage, de landes et de tourbières. C’est sur ces deux derniers biotopes que nous allons nous attarder.

Selon le site internet du pôle-relais Tourbières une tourbière est : « une zone humide, colonisée par la végétation, dont les conditions écologiques particulières ont permis la formation d’un sol constitué d’un dépôt de tourbe. »

La tourbière est un écosystème diversifié avec une faune et une flore typique. Lors de l’intervention d’Emmanuel Holder, Naturaliste chez Bretagne Vivante, nous avons pu observer une magnifique scène d’un faucon hobereau chassant une libellule afin de se nourrir. La présence de petits moustiquse en zone humide s’est faite également ressentir par notre classe. La tourbière est caractérisée principalement par la présence de sphaignes, une mousse particulière.

Jadis, la tourbière était utilisée en tant que combustible. Elle permettait de maintenir le feu grâce à sa structure qui est constituée de 50 % de son poids en carbone, ce qui lui permet de maintenir un feu très longtemps. A présent les tourbières sont principalement utilisées pour des activités horticoles, dont la culture de canneberges..

Auparavant, les tourbières étaient considérés comme des décharges a ciel ouvert. Tout type de déchet y était jeté. Sans parler du fait que cela pollue, la tourbière décompose aussi les matières très lentement, faute de présence d’oxygène dans ce milieu très humide. C’est ainsi qu’un corps humain fût retrouvé dans des tourbières au Danemark. L’homme de Tollund, c’est son nom, a été momifié dans la tourbière Danoise. Il a vécu entre 375 et 210 avant J.C. Il s’agit vraisemblablement d’un meurtre, à cause des coups qu’il a subit ou encore la corde qu’il avait autour du cou.

 

A présent nous allons évoquer le deuxième écosystème présent dans cette réserves : la lande.

 

La lande bretonne, tout comme la tourbière ,est composée d’une biodiversité remarquable. Elle est constituée de bruyères, de Molinie et d’ajoncs. C’est une terre pauvre, très acide et non cultivée. Les Monts d’Arrée comprennent environ 10 000 hectares de landes, soit 1/20 de la surface totale. Ce territoire possède la plus grande surface de landes sur la côte Atlantique.

 

Les landes sur la réserve du Vennec

 

 

Les landes bretonnes sont habitées par des oiseaux tels que le courlis cendré ou le faucon hobereau que l’on à vu précédemment.

Une des espèces que notre classe a trouvé remarquable se nomme la droséra. C’est une plante carnivore, elle utilise une sécrétion de gouttes collantes qui lui permet de capturer ses proies, puis elle s’enroule autour d’elles afin de la digérer.

 

La drosera

 

 

Par Titouan Grillot, Vincent Malledant et Enzo Fers




Réserve du Venec, paysage mouvant d’hier à aujourd’hui

Le 19 mai 2022 à Nestavel, sur la commune de Brennilis dans les Mont d’Arrée, une classe de terminale STAV du lycée de Suscinio a visité la reserve du Venec. Les élèves ont pu observer un changement de paysage depuis un millions d’année.

Aujourd’hui, à Nestavel il y a un lac artificiel ( une réserve hydraulique ) qui a été construit en 1935. Derrière le lac on peut voir le Mont St-Michel ( de Bretagne ), le Menez Hom et le roc’h Trevezel qui culminent tous les trois à un maximum de 385 mètres. Le Mont St-Michel et le Menez Hom sont plats et recouverts de plaines, Le roc’h Trevezel est très déchiqueté. On peut aussi observer les tourbières recouvertes de landes avec de nombreuses espèces : la Molinie, la Bruyère, l’Ajonc de Galle, l’Ajonc d’Europe, la Caulnes, la drosera…

Mais cela na pas toujours été le cas. En effet, il y a un millions d’année le lac n’existait pas. A la place il y avait des landes très riches en biodiversité. En 1935 un barrage a été construit sur la rivière Ellez pour permettre d’inonder la vallée qui est en forme de cuvette, afin de construire le lac.

Il y a 1million d’année, Le Mont St-Michel, le Menez Hom et le roc’h Trevezel culminaient à 2 000 mètres et étaient recouverts de forêt sur les flanc et de landes aux sommets. Suite aux dernier age de glaciation, il ont commencé à rapetisser à cause de l’érosion. Plus récemment, les moines de la région ont commencé à défricher les forêt autour des Monts, ce qui a commencé à modifier le paysage.

Puis dans les année 50 à 80, des Epicéa de Sitka, originaires d’Amérique du nord, ont été plantés par l’homme et ont grandement modifié le paysage par rapport a son aspect naturel.

Le paysage des tourbières à également été modifié à cause de l’extraction de la tourbe pour le chauffage jusqu’aux années 2000, afin de chauffer des maison. Cette extraction a laissé de larges traces dans le paysage car la croissance de la tourbière est très lente : 1 millimètre de tourbe par an.

Par Thibault Huon, Azenor Le Bot et Anna Le Foll




La Fête de la Nature revient riche d’une centaine d’événements en Bretagne

A partir de mercredi 18 mai, jusqu’au dimanche 22, c’est la Fête de la Nature. L’occasion de partir à la découverte de la faune et de la flore au plus près de nous. En Bretagne, plus d’une centaine d’animations sont organisées : expos, sorties nature, conférences, ateliers…

Le dimanche 22 mai, on célebrera la Journée Internationale de la Biodiversité. Chaque année, aux alentours de ce moment important, on fête également la Nature. Une idée qui a germé en 2007, grâce au Comité Français de l’Union Internationale de Conservation de la Nature et au magazine Terre Sauvage. Aujourd’hui, la Fête de la Nature est coordonnée par l’association du même nom. De nombreux acteurs se mobilisent en métropole et en Outre-Mer pour organiser des milliers d’événements : associations de conservation et d’éducation à la nature, collectivités locales, établissements scolaires, entreprises…En 2021, ce sont ainsi 1402 lieux qui ont été investis, et 6659 actions mises en place.

En Bretagne, pour cette 16ème édition, les événements seront encore nombreux, et débuteront dès le mercredi 18 mai.

 

En voici quelques-uns que nous avons repéré :

Dans les Côtes d’Armor :

Le mercredi 18 mai à Mellionnec :

La Communauté de Communes du Kreiz Breizh (CCKB), avec l »Association de mise en valeur des sites naturels de Glomel et l’association Cicindèle, proposent une après-midi autour du Canal de Nantes à Brest et de la chapelle Notre-Dame-de-La-Pitié, avec au programme des animations nature autour des oiseaux et de la flore locale, de 14h à 19h.

https://fetedelanature.com/edition-2022/calme-nature-et-canal

 

Du 18 au 22 mai à Plouasne

L’association Le Marais Fertile organise des balades libres tous les jours, dans une zone humide laissée « en libre évolution ».

https://fetedelanature.com/edition-2022/promenade-au-milieu-d-une-zone-humide


 En Ille-Et-Vilaine

Les 21 et 22 mai à Saint-Aubin-Du-Cormier

De nombreuses animations sont proposées : sorties nature, grimpe d’arbres, concert perché, expos photos, jeux et ateliers…le tout organisé par la commission extra-municipale avec l’association Ragoles et Béruchets, le 11e RAMa, le REEPF, l’Opus de Saint-Ouen, l’association Curieux de Nature, l’association 1488, le muséum d’Histoire naturelle via le programme Vigie nature-SPIPOLL, la LPO, l’association Là-Haut.

A l’occasion du Printemps des Cimetières, on pourra aussi visiter le cimetière végétalisé et zéro pesticides.

A noter aussi, une opération originale le mercredi 18 mai : les membres de la commission Transition Ecologique de la commune vont se réunir en haut d’un chêne, « pour travailler ensemble aux prochains projets à mener sur la commune, et discuter des derniers préparatifs de la Fête de la Nature ». Ils et elles travailleront ainsi autour d’une table à plusieurs mètres de hauteur !

https://fetedelanature.com/edition-2022/fete-de-la-nature-saint-aubin-du-cormier

 

Le 22 mai à Redon

Bretagne Vivante emmène la population à la découverte des plantes des vieux murs en pierre, sur des créneaux d’une heure.

Sortie organisée par le groupe Bretagne Vivante Pays de Redon dans le cadre de l’Atlas de la Biodiversité Communale (ABC) de Redon, en partenariat avec la ville de Redon.

https://fetedelanature.com/edition-2022/la-decouverte-des-plantes-de-nos-vieux-murs-en-pierre


 

Dans le Finistère

Le 21 mai à Concarneau

Animation « Les oiseaux des parcs et jardins » par Bretagne Vivante. Prenez vos jumelles et venez les découvrir et les observer, accompagné.e.s d’un guide.

https://fetedelanature.com/edition-2022/les-oiseaux-des-parcs-et-jardins

 

Le 22 mai à Roscoff

L’association roscovite Ekorrigans, L’écologie partagée propose une demi journée familiale ludique autour de la biodiversité, avec un pique-nique zéro déchet, des jeux en bois, des animations sur la biodiversité, une balade botanique, un atelier de construction d’hôtels à insectes…

https://fetedelanature.com/edition-2022/viens-feter-la-nature-roscoff-le-22-mai

 


 

Dans le Morbihan

Le 18 mai à Plouharnel

Jeu « Mystère dans les dunes et la forêt de Pethièvre », à destination de toute la famille.

https://fetedelanature.com/edition-2022/mystere-dans-les-dunes-et-la-foret-de-penthievre

 

Du 20 au 22 mai à Saint-Jean-Brévelay

L’Association Brévelaise pour la Biodiversité porpose un « week-end pour la biodiversité », avec au programme : une sortie découverte des oiseaux le vendredi soir, une matinée ramassage des déchets sur le bord des routes le samedi, et une sortie découverte des papillons et de la biodiversité le dimanche.

https://fetedelanature.com/edition-2022/week-end-pour-la-nature-brevelaise

 


En Loire-Atlantique

 

Le 18 mai à la Haye-Fouassière

Conférence « Abeilles précieures sentinelles » avec Patrick Trecul, guide, photographe et naturaliste. Organisée dans le cadre de l’Atlas de la Biodiversité Communale.

https://fetedelanature.com/edition-2022/abeilles-precieuses-sentinelles

 

Le 21 mai à Piriac-Sur-Mer

Visite du jardin LPO du Camping des Amis de la Nature, avec observation des oiseaux et écoute des chants des grenouilles, présentation de mangeoires et de nichoirs.

https://fetedelanature.com/edition-2022/visite-du-jardin-lpo-du-camping-des-amis-de-la-nature

 


 

Plus d’infos

https://fetedelanature.com/




Le requin pèlerin, un géant des mers qui aime les côtes bretonnes

Le printemps est le moment privilégié pour apercevoir lors de sorties en mer les requins pèlerins. Ces géants, qui peuvent mesurer jusqu’à 7 mètres et peser 5 tonnes, sont inoffensifs pour l’homme, et se nourrissent de plancton. On peut en croiser en Bretagne du côté du Morbihan et du Finistère sud, en Atlantique et Mer d’Iroise. L’APECS (L’Association pour l’Etude et la Conservation des Sélaciens) invite les usagers de la mer à signaler au plus vite leurs observations.

Le soleil semble s’installer pour quelques jours, voire plusieurs semaines, sur la Bretagne. L’occasion pour beaucoup de prendre la mer. Ces moments qui sont des occasions privilégiées pour être au contact de la riche biodiversité marine. Et peut-être d’apercevoir un requin pèlerin ! Second poisson le plus grand du monde après le requin-baleine, il peut mesurer jusqu’à 7 mètres de long et peser 5 tonnes. Mais pas de panique, il est inoffensif pour l’homme, et se nourrit de plancton.

D’avril à juin, on peut le trouver dans les eaux bretonnes, plus spécifiquement dans la mer d’Iroise et du côté de Groix ou Belle-Ile-En-Mer. Son aileron peut-être repéré lorsqu’il est près de la surface, afin de se nourrir.

Espèce menacée, le requin pèlerin fait l’objet d’étude. Un programme national de recensement, lancé en 1998, vise à recueillir les observations réalisées par les plaisanciers, qui peuvent signaler leurs informations via un formulaire en ligne. En Bretagne, l’APECS, Association pour l’Etude et la Conservation des Sélaciens, mène aussi un programme consacré aux requins pèlerins. Baptisé « Pelargos », il «  vient enrichir les actions, engagées depuis 2009, de pose de balises de suivi par satellite sur les requins pèlerins. Les missions de terrain se déroulent sur une dizaine de jours, d’avril à juin, période la plus favorable à l’observation dans le sud du Finistère, et en Mer d’Iroise. Dès que des requins sont signalés à l’association et que les conditions météorologiques sont propices à l’observation, des sorties en mer sont programmées. Trois bénévoles accompagnent Alexandra, la salariée en charge de ces missions, à la journée sur le semi-rigide de l’association. », explique la structure dans un communiqué. Via les balises qu’elle déploie sur les requins, l’APECS peut ainsi suivre leurs migrations, et ce à grande échelle.

 

C’est ainsi que l’association invite tous les usagers de la mer (professionnels, plaisanciers, kayakistes…) à signaler toute observation de requin pèlerin, et le plus rapidement possible, au 06 77 59 69 83

 

Pour plus d’infos : https://asso-apecs.org

 


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De Plounéour-Ménez à Huelgoat, ce que les chauves-souris nous disent…

Avant de nous rendre dans ces deux communes du Finistère, sur les pourtours des Monts d’Arrée, qui s’apprêtent à accueillir chacune un événement aux portes de la nuit, d’abord Plounéour-Ménez, le vendredi 6 mai 2022 puis Huelgoat, le samedi 21 mai 2022, destinés à permettre aux petits et aux grands de découvrir cet animal fascinant qu’est la chauve-souris sur lequel bien des mythes et croyances persistent encore, prenons d’emblée de la hauteur.

1 600 mètres, c’est celle récemment observée d’un vol de chauve-souris – le Molosse de Cestoni au poids imposant de 40g qui utilise comme tous ses congénères chiroptères les courants ascendants. A cette altitude, nous devrions d’ores et déjà avoir une vision d’ensemble sur ce qui nous agite et nous inquiète de plus en plus, nous autres terriennes et terriens humains, à savoir le déclin inquiétant des populations de chauve-souris (1) tandis que 68% des animaux vertébrés sauvages ont disparu au cours des cinquante dernières années (chiffres UICN).

Est-ce la montée en puissance d’une prise de conscience, face à la baisse très inquiétante de la biodiversité à travers le monde qui nous amène à interroger nos relations occidentales aux autres espèces, et ce faisant, à mieux les connaître et les comprendre ?

Des disciplines scientifiques comme l’éthologie – qui étudie les comportements des espèces animales dans leur milieu naturel (humains compris) et gagne à être mieux connue et enseignée partout – nous y aident fortement. Mais comment enrayer la disparition croissante de ces trésors inestimables du vivant ? Moultes réponses ont été apportées par les plus conscient.e.s du danger, depuis le début du siècle dernier. Force est de constater hélas les limites de leur efficacité face aux implacables faits qui nous accablent.

Nouveaux récits, nouveaux imaginaires pour se connecter à l’ensemble du vivant et mieux le respecter

Des personnalités engagées telles que Cyril Dion et Pablo Servigne évoquent avec pertinence la nécessité de nous ouvrir à de nouveaux récits, de nouveaux imaginaires, en y intégrant ceux de peuples plus lointains ayant une autre vision et un autre rapport à la nature, et permettant de nous (re)connecter avec nos sagesses anciennes d’ici.

Pour ce faire, nous pouvons maintenant nous prévaloir d’être richement outillé.e.s et stimulé.e.s par les apports des sciences sociales contemporaines – en particulier l’anthropologie – sur la connaissance de nos rapports jusqu’à présent dualistes, compliqués… et disons-le clairement, insoutenables entre nature et culture, comparés à ceux d’autres peuples à travers le monde.

Ainsi, l’anthropologue Philippe Descola, avec ses travaux de recherche menés depuis plusieurs décennies, notamment en Amazonie – et dans son sillage, des philosophes comme Vinciane Despret et Baptiste Morizot ou encore l’anthropologue Nasstaja Martin, le chercheur-philosophe devenu dessinateur, Alessandro Pignocchi – pour n’en citer que quelques-un.e.s – bouleversent notre compréhension de notre rapport aux autres vivants, et même, au-delà du sacro-saint rationalisme cartésien, nos perceptions sensorielles (celles de la chauve-souris sont au demeurant exceptionnelles!) et émotionnelles, capteurs pourtant essentiels pour opérer nos mutations en renversant nos représentations et visions.

Avec leurs collègues des sciences naturelles, ils et elles sont relayé.e.s par d’excellentes maisons d’édition et revues en ligne : Actes Sud/collection Mondes Sauvages (2), WildProject (3), revue Terrestres (4), pour n’en citer que quelques-unes.

Du côté de ces derniers, chercheuses et chercheurs de tous poils se passionnent à juste titre pour l’étude de cette espèce fabuleuse qu’est la chauve-souris (4), un animal qui – excusez du peu – vole avec ses mains, voit avec ses oreilles, observe le monde environnant la tête en bas (5) et est doté du gène de la parole !

De quoi attiser depuis des siècles la curiosité humaine qui eut recours aux arts pour exprimer déjà son imagination foisonnante à l’endroit de nos amies chiroptères. « Symbole de la cécité métaphysique de l’homme pour Aristote et Averroès à sa suite, [la chauve-souris] est pourtant liée à la création artistique par la version ovidienne du mythe des Minyades, fileuses et conteuses impénitentes métamorphosées par Dionysos », nous dit le site fabula, dans un article intitulé « Mythologie de la chauve-souris dans la littérature et dans l’art » (6).

 

A Plounéour-Menez, avec la Cie Mycélium : quand « Batman est un chaman »

Les arts justement, en particulier ceux d’aujourd’hui, bien vivants : les arts de la rue. Ne sont-ils pas les grands défricheurs et percolateurs de ces nouveaux récits et imaginaires ? Ainsi, la compagnie d’arts de rue Mycélium (7) née de la rencontre d’un écologue, Gabriel Soulard, et d’une comédienne, Albane Danflous, dans une lointaine forêt normande… Elle se présente comme créant pour les espaces publics, des spectacles de théâtre de rue et de chemin questionnant avec humour et engagement nos liens à nos environnements naturels et urbains.

Nous lui laissons le soin de présenter elle-même sa dernière création pour laquelle elle était en résidence, à La Manufacture des tabacs de Morlaix, en octobre 2021, dans le cadre d’un partenariat avec les étudiant.e.s en BTS Gestion et protection de la nature du lycée de Suscinio qui ont mené avec elle une « Concertation déconcertante » sur la Trame noire ( en vue de protéger de la pollution lumineuse la biodiversité nocturne dont fait partie la chauve-souris) pour Morlaix Communauté, au titre de sa politique culturelle et de sa politique biodiversité, en lien avec l’Ulamir-CPIE du Pays de Morlaix-Trégor et Le Fourneau, Centre National des Arts de la Rue et de l’Espace Public (8), avec le soutien de la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) et de la Région Bretagne. Un projet d’envergure stimulant les imaginaires qui a fait l’objet d’un précédent article de notre part : http://www.eco-bretons.info/la-compagnie-mycelium-et-les-etudiants-du-lycee-de-suscinio-ouvrent-les-portes-de-la-nuit-noire-morlaisienne/

Ainsi parle la Cie Mycélium : « Entre science joyeuse, textes poétiques et musique électronique, La «Symphonie des chauves-souris» convie le public (9) à la fois à une veillée initiatique et une expérience réelle de contact avec d’autres espèces, l’invitant à prendre conscience de la beauté d’autres manières d’exister. L’équipe dispose d’une bat-box (un micro-récepteur) qui transforme les ultrasons émis par les chauves-souris en sons audibles pour l’oreille humaine, et un système qui transforme les paroles, les chants et la musique en ultrasons pour les chauves-souris. Un récepteur, un émetteur, des fréquences de part et d’autres : le dialogue peut s’instaurer, la symphonie commencer… ».

« A Plounéour-Ménez, pas moins de 9 espèces de chauve-souris ont été recensées par le Groupe Mammalogique Breton/GMB (10), faisant de la commune la première de l’agglomération en nombre d’espèces connues, Morlaix Communauté en comptant 15 espèces, le Finistère 19 et la région 21. Donc, sans parler d’effectifs, inconnus et non mesurables, la commune abrite près de la moitié des espèces connues dans la région et près de 20 % des espèces reproductrices connues dans la région », précise Benjamin Urien, responsable Cellule espaces naturels – biodiversité de Morlaix Communauté.

L’an dernier, grâce à l’action volontariste de son maire, Sébastien Marie, la commune est devenue Refuge pour les chauves-souris, en signant une convention avec le Groupe Mammalogique Breton. Elle fait désormais partie des 87 communes et établissements scolaires bretons engagés dans la démarche (11). « La commune s’engage à réfléchir en amont à la réalisation de travaux sur les bâtiments publics ou le patrimoine, afin de garder une place dans les futurs aménagements pour servir de refuge aux chauves-souris. C’est une petite pierre pour la conservation de la biodiversité en général », confiait-il à notre confrère de Ouest-France, le 13 août 2021 (12).

Alors, Barbastelle d’Europe, Grand Rhinolophe, Murin à moustaches, Murin de Daubenton (reproducteur), Murin de Natterer (reproducteur), Oreillard roux, Oreillard gris, Pipistrelle commune (reproducteur) et Sérotine commune (reproducteur) vont-elles moduler leurs vocalisations pour une symphonie… peut-être même concertante avec nous ? Ce serait drôlement bat ! Rendez-vous vendredi 6 mai, à 21h21 pour le découvrir.

A Huelgoat, on rallume les étoiles et on écoute les chauves-souris

De leur côté, Julien Chauveau, animateur scientifique itinérant basé en Centre Finistère qui a créé La Terre A Ciel ouvert (13) et Cathy Warembourg (RIPARIA studio) se sont associés pour proposer dans le cadre de la Fête de la nature du 21 mai prochain à Huelgoat, de rallumer les étoiles pour sensibiliser le public à la pollution lumineuse et aussi mieux se mettre à l’écoute des chauves-souris, d’entendre des légendes nocturnes tout en découvrant le ciel étoilé.

Julien Chauveau nous en dit davantage :

Gageons que, nous ouvrant bien davantage au sensible, aux émotions, à l’accueil de nos créativités sous toutes leurs formes, nous serons en mesure d’intégrer bien différemment la connaissance des interdépendances entre toutes les espèces et, à l’instar de Baptiste Morizot, « d’autres manières d’être vivants ».

Aux mystères de la création de la chauve-souris, l’imagination et la sagesse du grand écrivain et ethnologue malien, Amadou Hampaté Bah, proposaient dans un conte (14) une alliance magique entre un renard et un oiselet : « … de cette union hybride naquit un être entièrement nouveau : la chauve-souris aux ailes membraneuses, l’être volant aux dents pointues mais qui allaite son poussin. Et voilà pourquoi la chauve-souris est mammifère parmi les oiseaux, et oiseau parmi les mammifères. Ici finit le conte… Mais pour qui réfléchit, il apparaîtra résumé tout entier par trois mots : espoir, compassion, amour. A ces trois vertus on doit ici d’abord le salut d’une vie, ensuite la victoire remportée sur une nature sauvage, enfin l’union de deux êtres différents pour en créer un troisième. »

 

(1) https://www.vigienature.fr/fr/actualites/populations-chauves-souris-francaises-declin-3681

(2) https://www.actes-sud.fr/recherche/catalogue/collection/1899

(3) https://wildproject.org/

(4) https://www.lemonde.fr/sciences/article/2019/10/21/la-chauve-souris-un-super-mammifere_6016358_1650684.html

(5) https://www.sfepm.org/presentation-des-chauves-souris.html

(6) https://www.fabula.org/actualites/mythologie-de-la-chauve-souris-dans-la-litterature-et-dans-l-art_15191.php

(7) https://www.ciemycelium.com/

(8) https://www.lefourneau.com/2021-2022-concertation-deconcertante-en-pays-de-morlaix

(9)La cie Mycélium invite le public à découvrir sa dernière création, « La Symphonie des chauves-souris » qui se déroulera vendredi 6 mai 2022, à 21 h 21, devant le pôle culturel communal de l’ancienne poste qui sera inauguré pour l’occasion, près de l’église de Plounéour-Ménez (Finistère).

(10) https://gmb.bzh/une-biologie-originale/

(11) https://gmb.bzh/les-refuges-pour-les-chauves-souris/

(12) https://www.ouest-france.fr/bretagne/plouneour-menez-29410/la-commune-devient-refuge-pour-les-chauves-souris-088a6892-a2bf-4270-abb5-f427db680f27

(13) https://www.laterreacielouvert.com/

(14) Amadou HAMPÂTÉ BÂ, « L’origine de la chauve-souris », extrait du recueil « Il n’y a pas de petite querelle, Nouveaux contes de la savane », 2002 – (Texte intégral) recueillis par Alpha amadou Hampate BA.

 


 

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